Depuis le 30 décembre, le nord du pays est en proie à un épais smog, nuage de pollution, qui freine l’économie de la région et incombe la vie des habitants. A cela s’ajoute une baisse du nombre de touriste d’outre-mer dans cette région et notamment à Beijing, selon l’Académie du tourisme de Chine.

Cette dernière vient de publier  son Rapport annuel 2016 sur le développement du tourisme, dans lequel elle explique que « la pollution de l’air est devenue la première cause qui décourage les touristes d’outre-mer envisageant de séjourner en Chine, suivi par la sûreté des aliments et la sécurité publique ».

Depuis 2012, le nombre de touristes d’outre-mer a connu une baisse consécutive, une situation qui inquiète les professionnels du secteur et les autorités municipales et provinciales, qui tirent une bonne partie de leurs recettes du tourisme. Pour le Centre d’Information Internet de Chine (CIIC), il s’agit d’une « situation jamais enregistrée pour ce pays très riche en ressources touristiques ».

Selon les statistiques de l’Académie du tourisme de Chine, le pays a enregistré en 2013 quelque 129 millions de visites de touristes en provenance d’outre-mer, soit une baisse annuelle de 2,51% par rapport à 2012.

De même, en 2014, 128 millions de touristes ont été enregistré, contre un léger rebond en 2015, avec une hausse de 4,14%, portant le nombre de touriste d’outre-mer à 134 millions. Les touristes en provenance de Hong Kong, de Macao et de Taïwan représentant 80,58% des touristes d’outre-mer dans la partie continentale de la Chine.

Pour Dai Bin, président de l’Académie du tourisme de Chine, « outre les facteurs récurrents tels que la situation économique et les relations internationales, les conditions météorologiques, dont le smog en particulier, sont devenues l’un des facteurs majeurs qui affectent le développement du tourisme entrant du pays« .

D’après le rapport, dirigé par ce dernier, le smog a « terni l’image internationale du tourisme chinois, et cela ne peut pas être résolu à court terme ». Raison pour laquelle, le gouvernement a décidé d’engager de nouvelles mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les usines polluantes seront fermées, et l’utilisation du gaz naturel sera préconisé pour remplacer le charbon. Malgré les mesures engagées, le nombre de touristes venant de l’étranger a diminué de 1,42% en glissement annuel.

Conscient de l’ampleur de la situation, le gouvernement a présenté en décembre un plan national sur le tourisme.  Ce dernier va investir dans le tourisme, afin entre autre de développer les régions industrielles et d’améliorer l’hygiène publique. Beijing prévoit d’investir 2’000 milliards de yuans (277 milliards d’euros) jusqu’en 2020, soit une croissance annuelle de plus de 14% de l’investissement direct dans le secteur.

Les villes industrielles, situées dans le nord du pays, seront encouragées à développer le tourisme. Pour cela, le gouvernement a annoncé une « révolution des toilettes publiques » après avoir reçu de nombreuses plaintes de visiteurs. Le pays construira ou rénovera 100 000 lieux d’aisance.

Ces investissements devraient permettre de porter à 12% la contribution du tourisme à la croissance économique annuelle du pays d’ici 2020, contre 10,8% l’an dernier. Le gouvernement prévoit également que les recettes du secteur augmenteront chaque année de plus de 11% et atteindront 7’000 milliards de yuans (957 milliards d’euros) en 2020.

D’ailleurs, le 13ème plan quinquennal prévoit l’amélioration de la qualité des services touristiques, en y associant d’autres secteurs, afin de diversifier les services proposés. Peng Decheng, de la division de la planification financière et de l’administration nationale du Tourisme, a indiqué que « le tourisme devrait inclure les services de soin anti-âge et de fitness. Le tourisme du sport et le tourisme médical seront amenés à connaître de nouveaux développements. Toutes les sociétés capables de fournir des services différenciés pourront prospérer. Je pense que c’est ce que les entreprises chinoises tentent de faire. »