Alors que la Chine et le Vatican ont signé un accord sur la nomination des évêques, l’ambassadeur de Taïwan auprès du Saint-Siège, Matthew Lee, a mis en garde contre toute sur-interprétation de ce possible accord, dans une interview à l’agence de presse taïwanaise CNA.

Ce dernier a déclaré que « Taiwan est résolu à promouvoir les relations diplomatiques avec le Saint-Siège et a reçu des assurances de responsables du Vatican qu’un éventuel accord avec Beijing sur la nomination des évêques ne serait porteur d’aucune connotation politique ou diplomatique ».

L’accord Vatican-Chine confirmé par le Pape François

Lors de son entretien avec CNA, Matthew Lee a indiqué que le pape François « cherche à protéger les catholiques des souffrances auxquelles ils sont confrontés en Chine », ajoutant que « le Vatican cherche avant tout à garantir la primauté papale dans la nomination des évêques, à permettre aux fidèles de vivre normalement leur foi et à alléger la pression pesant sur la communauté catholique en Chine ».

Pour l’ambassadeur, cet accord est une main tendue du Vatican envers la Chine, afin qu’elle commence à respecter la liberté religieuse. « La marche de la Chine vers la démocratie et la liberté doit commencer par des petits pas, tels que ceux résultants de cet accord », a-t-il estimé.

En dépit de cet accord, « Taiwan reste résolu à faire progresser son partenariat diplomatique avec le Saint-Siège », a répété Mathew Lee. Ce dernier a rappelé le 76ème anniversaire cette année de l’établissement des liens diplomatiques entre la République de Chine et le Saint-Siège.

Selon l’ambassadeur, les deux parties « poursuivent leur coopération dans la promotion du développement humain ». En dépit de cette bonne volonté, les autorités à Taipei sont inquiètent. Elles craignent pour leur « reconnaissance diplomatique », d’après l’agence de presse taïwanaise.

Face au souhait de la Chine de renforcer ses liens avec Rome, « nous allons surveiller de près la répression et les calculs de la Chine », a déclaré Andrew Lee, attestant que « les relations entre Taïwan et le Vatican sont stables ».

Le principal objectif des autorités taïwanaise sera d’aider « activement au projet du Vatican d’aménagement de son ambassade à Taipei, la capitale de l’île ».

Taïwan, non reconnu par la Chine, est relativement isolé sur la scène internationale. En effet, la plupart des Etats ont des relations diplomatiques avec Beijing et non avec Taipei, en raison du principe d’une seule Chine. Seuls 18 Etats reconnaissent encore aujourd’hui la République de Chine, c’est-à-dire Taïwan.

L’inquiétude grandie, car le nombre d’allié se réduit et depuis son accord avec la Chine, le Vatican n’a cependant pas fait mention de Taïwan.

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