Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a vivement rejeté ce 28 septembre à l’ONU le « chantage » sur le commerce, prenant des positions inverses à celles des Etats-Unis sur la plupart des grands dossiers.

« La Chine n’acceptera pas le chantage et ne fera pas l’objet de pressions », a assuré le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à la tribune de l’Assemblée générale annuelle. « Le protectionnisme ne fera que porter préjudice à tous », a ajouté ce dernier. Sans nommer son rival, le ministre a donné une leçon de libre-échange, de manière à peine voilée, aux Américains.

En pleine guerre commerciale avec Washington, Wang Yi a posé son pays en « champion du multilatéralisme » au moment où l’administration Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde.

A cette même tribune, le président des Etats-Unis avait défendu sa vision des relations internationales fondée sur la « souveraineté » des nations, dénonçant « l’idéologie du mondialisme » et ciblant plusieurs organisations multilatérales.

« La Chine a toujours défendu l’ordre international » et « respecté » les décisions qui en découlent, a répondu Wang Yi. pour lui, « aucun pays ne peut relever seul » les grands défis internationaux auxquels le monde est confronté actuellement « ou être immunisé face à leurs effets ».

Xi Jinping présente sa vision de la mondialisation

Malgré le climat tendu entre la Chine et les Etats-Unis, Wang Yi a assuré, lors d’une conférence à New York, que la Chine ne chercherait pas à détrôner les Etats-Unis sur la scène mondiale. Contre-pied aux analyses de certains intellectuels occidentaux, estimant que Beijing souhaite atteindre une « position hégémonique ou même disputer aux Etats-Unis leur leadership », il a déclaré : « Je veux vous dire très clairement qu’il s’agit d’une erreur de jugement stratégique grave ».

« C’est une prévision erronée qui risque d’être extrêmement préjudiciable aux intérêts américains et à l’avenir des Etats-Unis », a alerté le ministre chinois. Ce dernier serait inquiet de voir s’installer un cercle vicieux nourri par « de nouvelles suspicions ».