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TAIWAN

Taïwan dénonce «des pressions immenses» de la part de Beijing

La dirigeante de Taïwan Tsaï Ing-wen a appelé le 25 juin la communauté internationale à «contenir» les ambitions de la Chine, en prenant la défense des Droits de l’homme, estimant que son voisin est «une menace internationale pour la démocratie», selon l’AFP.

Dans une interview accordée à l’Agence France Presse, la dirigeante de la République de Chine a assuré que l’île est soumise à des «pressions immenses» venues de l’autre rive du détroit de Formose.

«C’est un défi pour la région et pour le monde entier»

La présidente, issue du Parti démocratique progressiste, a expliqué que l’influence de la Chine «n’est pas seulement un défi pour Taïwan, c’est un défi pour la région et pour le monde entier. Parce que aujourd’hui, c’est Taïwan, mais demain n’importe quel autre pays pourrait avoir à affronter l’expansion de l’influence chinoise».

«Leur démocratie, leur liberté, leur liberté de faire des affaires pourraient un jour être affectées par la Chine», a expliqué cette dernière, ajoutant que «nous devons travailler ensemble pour réaffirmer les valeurs de la démocratie et de la liberté afin de contenir la Chine et minimiser l’expansion de son influence hégémonique».

Depuis l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen en 2016, le gouvernement de Chine continentale durcit le ton sur le sujet de l’indépendance de Taïwan, et notamment le principe d’une seule Chine,  qui n’a pas été adopté par la dirigeante. Cette dernière n’a pas fait allégeance au Consensus de 1992, affirmant que Taïwan fait partie intégrante de la Chine.

Xi Jinping annonce la couleur

Le président Xi Jinping

En clôture d’une session parlementaire annuelle en mars 2018, le président Xi Jinping a assuré que «tous les actes et tous les stratagèmes visant à diviser la Chine sont voués à l’échec et s’exposeront à la condamnation populaire et à la punition de l’Histoire».

Pour ce dernier «la moindre activité séparatiste sera combattue». Le pouvoir central n’autorise pas les relations diplomatiques entre Taïpei et les capitales étrangères. Taïwan, où s’était replié en 1949 le leader nationaliste Tchang Kaï-chek, après la victoire des troupes communistes, mène une politique indépendante.

Mais Pékin considère que l’ex-Formose comme son territoire. Or la position de Tsai Ing-wen, désormais confirmée, fait craindre à la Chine qu’elle proclame formellement l’indépendance du territoire. Mais cette dernière a affirmé à plusieurs reprises vouloir maintenir le statu quo.

Pour Beijing, «l’intérêt fondamental» est de préserver «l’intégrité territoriale de la Chine» et de parvenir à sa «réunification complète». Raison pour laquelle, les autorités continentales n’accepteront jamais la séparation d’un seul pouce de son territoire.

Pressions et isolement diplomatique

Rencontre entre Tsai Ing-wen et l’ambassadeur américain, Paul Wolfowitz, en janvier 2017

Les exercices militaires chinois menés à proximité de l’île se sont multipliés. A cela s’ajoute des demandes appuyées de la Chine auprès d’importantes entreprises internationales dont Air France, pour qu’elles référencent Taïwan comme faisant partie de la Chine sur leurs sites internet.

Taipei ne fait pas partie de grands événements internationaux, comme l’Assemblée générale de l’Organisation Mondiale de la Santé, réduisant l’influence de Taïwan sur la scène internationale. Sans oublier, les récentes ruptures des relations diplomatiques entre Taïwan et le Burkina Faso, le Panama,…

La Chine doit prendre «conscience de sa propre responsabilité» dans la région et «ouvrir le dialogue avec Taïwan», a assuré Tsai Ing-wen à l’Agence France Presse. Ce dernière s’est d’ailleurs dite prête à rencontrer le président Xi Jinping : «bien sûr, j’espère que durant mon mandat de présidente, les deux parties auront l’occasion de s’assoir et parler».

Tsai Ing-wen prête à rencontrer Xi Jinping

La dirigeante taïwanaise espère à l’instar du sommet de Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, une rencontre étant une «offre matière à réflexion».

Cette dernière a expliqué qu’en dépit des différents notamment culturels, «ils ont été capables de s’assoir et de parler à Singapour sur la base du respect et de la réciprocité mutuels. Je crois qu’il s’agit d’un développement positif pour la communauté internationale. C’est aussi un encouragement pour les pays qui ne sont pas sur la même longueur d’onde».

Tsai Ing-wen souhaite une rencontre avec Xi jinping «sans conditions préalables et sur un pied d’égalité», mais Beijing est loin de soutenir une telle rencontre, car l’île fait partie «d’une seule Chine».

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