Une frégate de l’armée taïwanaise est partie ce mercredi 13 juillet pour la mer de Chine, afin de « défendre le territoire maritime taïwanais« , au lendemain de la décision du Tribunal de la Cour Permanente d’Arbitrage déclarant infondées les revendications de Beijing dans la région. La décision contredit également les visées taïwanaises.

La présidente Tsai Ing-wen s’est adressée aux soldats à bord, à qui elle a assuré sa détermination à « défendre les droits de notre pays ». Le bâtiment de guerre a ensuite pris la mer pour Taiping, l’île Itu Aba, principale îles de l’archipel des Spratleys, administrée par Taïwan.

Concernant les revendications de Taïwan, la CPA a jugé que l’île Taiping était en fait « un rocher« , ne lui donnant pas le droit d’administrer une  zone économique exclusive. Un jugement rejeté par le gouvernement taïwanais, qui l’a d’ailleurs considéré « complètement inacceptable« .

Pour les autorités taïwanaises, cette décision n’est pas contraignante légalement puisque la CPA n’a pas convié officiellement Taïwan à participer à la procédure ni ne lui a demandé son point de vue.

Première femme élue à la présidence de Taïwan, Tsai Ing-wen

Présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen

Le jugement, « en particulier la qualification de l’île de Taiping, porte gravement atteinte aux droits de notre pays sur les îles de la mer de Chine méridionale et leurs eaux territoriales« , a déclaré Tsai Ing-wen aux soldats dans son discours télévisé.

« Notre mission va faire la preuve de la détermination du peuple taïwanais à défendre ses droits », a-t-elle assuré avant de descendre du bâtiment.

Depuis l’annonce de la CPA, mardi 12 juillet, Taipei et Beijing n’ont pas communiqué, selon la déclaration de la ministre du Conseil des affaires continentales (MAC), Katharine Chang. Cette dernière a indiqué que « chaque partie a sa position individuelle (en la matière) et poursuit ses propres intérêts« , rompant toute coopération possible sur le sujet.

En effet, certains médias ont estimé que le rejet par la CPA des revendications de la Chine et de Taïwan pourraient être une nouvelle voie d’entente entre les deux parties.

Katharine Chang a assuré que « le différend mer de Chine du Sud devrait être résolue pacifiquement, multilatéralement et en vertu du principe de l’égalité« , ajoutant que les différends pourraient permettre aux ressources présentes dans la zone d’être développées conjointement par plusieurs acteurs, selon Taïwan News.

La ministre a assuré que le Conseil des affaires continentales  surveillait toutes les réactions en mer de Chine méridionale. De son côté, le ministre de l’administration des garde-côtes, Lee Chung-wei a indiqué que des patrouilles seraient augmentées pour protéger les pêcheurs taïwanais opérant dans la région. « Les navires étaient prêts à chasser tous les navires qui empiétaient dans la zone économique exclusive de Taïwan« , a ajouté ce dernier.