L’Ambassade de Chine en France a dénoncé les propos du porte-parole du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères relatifs aux troubles politiques de 1989.

Lors de son point de presse daté du 4 juin, le porte-parole du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a déclaré à l’occasion de l’anniversaire aujourd’hui de la répression de Tiananmen : «31 ans après les événements du 4 juin 1989, la France rend hommage aux victimes tombées dans leur combat pacifique pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme. Elle marque son attachement à la poursuite d’échanges avec la Chine, notamment dans le cadre du dialogue UE-Chine sur les droits de l’Homme, au regard des engagements internationaux souscrits par la Chine. La France continue à défendre et à promouvoir, partout dans le monde, les valeurs universelles des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, y compris les libertés de manifestation, d’opinion et d’association».

Pour le porte-parole de l’Ambassade de Chine en France, «il est extrêmement choquant et impertinent que la partie française pourrait utiliser des mots tellement méphitiques pour attaquer la Chine. Le gouvernement chinois a déjà tiré une conclusion claire sur les troubles politiques survenus le 4 juin 1989».

Ce dernier a indiqué qu’au cours des dernières décennies, «avec la révélation des conséquences désastreuses des révolutions de couleur orchestrées dans de nombreux pays en développement par certains pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, sous le couvert de la démocratie et des droits de l’homme, le peuple chinois et les peuples des pays de plus en plus nombreux ont déjà percé à jour les mensonges fabriqués par les pays occidentaux autour des troubles politiques de 1989».

«Les propos concernés de la partie française sont imbus de préjugés idéologiques et constituent une ingérence arbitraire dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte des droits de l’homme. La partie chinoise les rejette catégoriquement et les condamne fermement».

Pour le porte-parole de la Chine, les propos du ministère français «s’en prennent publiquement au système politique de la Chine et calomnie la voie du socialisme à la chinoise. Cela non seulement va à l’encontre des consensus importants dégagés par les Chefs d’Etat de nos deux pays, mais aussi est incompatible avec le partenariat global stratégique sino-français. Cent ans après la naissance du Parti communiste chinois et plus de 70 ans après la fondation de la République populaire de Chine, les grands accomplissements réalisés par notre pays démontrent pleinement que la voie de développement choisie par la Chine est totalement pertinente et jouit de tout le soutien du peuple chinois».

«Si la partie française fait attention à l’opinion publique en Chine, elle trouvera que la population chinoise est heureuse du fait que le gouvernement chinois avait pris résolument des mesures pour déjouer cette « révolution de couleur » orchestrée par l’Occident, ce qui avait épargné le peuple chinois des chaos, de l’effroi, de la pauvreté, voire de la ruine des familles et de la destruction de la patrie. Toute tentative cherchant à dénigrer la voie de développement de la Chine, à nier les accomplissements de développement de la Chine et à jouer les Cassandre sur l’avenir de la Chine est vouée à se faire gifler par la réalité», a indiqué ce dernier.

Entretien bilatéral entre Emmanuel MACRON et le président chinois JINPING

Or pour le ministère français a réitéré que «32 ans après la répression qui s’est abattue sur la place Tiananmen, nous rendons hommage aux victimes et commémorons leur combat pacifique au nom de la démocratie et de la défense des droits de l’Homme. La France avait dénoncé cette ‘répression sanglante’ dans les termes les plus durs et condamné ‘un régime qui, pour survivre, en était réduit à faire tirer sur la jeunesse qu’il avait formée et qui se dressait contre lui au nom de la liberté.»

Selon le porte-parole français, «l’Union européenne avait alors réagi en prenant des sanctions contre la Chine, dont certaines sont toujours en vigueur aujourd’hui, notamment l’embargo sur les ventes d’armes. Les terribles évènements qui avaient alors endeuillé Pékin et de nombreux autres endroits en Chine ne doivent ni être oubliés, ni se répéter. L’arrestation de la militante Chaiw Hang Tung, à Hong Kong, que nous condamnons, ne fait que renforcer le besoin de continuer à porter la mémoire de cette aspiration démocratique, à Hong Kong comme ailleurs».

S’agissant de la situation des Ouighours, le ministre Jean-Yves Le Drian a rappelé qu’en février 2021, devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, la France avait fermement condamné des «pratiques injustifiables qui témoignent d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle. C’est précisément la gravité de la situation au Xinjiang qui a conduit l’Union européenne, pour la première fois depuis la répression de Tiananmen en juin 1989, à prendre cette année une décision légitime et nécessaire en adoptant des mesures restrictives en réaction aux violations des droits de l’Homme rapportées au Xinjiang».

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Du côté de l’ambassade de Chine en France, le porte-parole dénonce les politiques qui «tentent de tordre le cou à la réalité et de justifier les sanctions prises par l’UE contre la Chine qui ne s’appuient sur rien d’autre que des mensonges et des fake news sur le Xinjiang, allant jusqu’à exhumer l’embargo sur les ventes d’armes vers la Chine qui est pourtant mis au rebut de l’Histoire depuis longtemps. L’Histoire a prouvé à maintes reprises que la détermination de la Chine à défendre sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts en matière de développement était inébranlable».

Ce dernier a assuré qu’«aucune pression extérieure n’intimidera le peuple chinois, ni perturbera la marche en avant de la Chine. Aujourd’hui, au 21e siècle, tous ceux qui s’imaginent pouvoir menacé la Chine par des sanctions unilatérales se berceront de vains espoirs».

«La Chine attache depuis toujours une haute importance au développement des relations sino-françaises. Nous espérons que la partie française pourra voir clair et faire pleinement face à la réalité, restera fidèle à l’engagement initial lors de l’établissement des relations diplomatiques sino-françaises, à savoir l’indépendance, la compréhension mutuelle, la prévoyance et les bénéfices réciproques, travaillera de concert avec la partie chinoise pour créer, par des actes concrets, des conditions favorables à l’approfondissement des relations et de la coopération amicale sino-françaises, au lieu de faire le contraire», a conclut le porte-parole de l’Ambassade de Chine en France.