Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé mercredi 24 février un «système de répression institutionnalisé» de la Chine à l’encontre les musulmans ouïgours dans la région du Xinjiang (nord-ouest du pays)devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

«De la région chinoise du Xinjiang, nous parviennent des témoignages et des documents concordants, qui font état de pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïgours, et d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle», a-t-il déclaré lors d’une intervention par visioconférence.

La Chine a rejeté les accusations de « génocide », de « travail forcé » et de « répression religieuse » dans la région autonome ouïghour du Xinjiang, affirmant que la porte du Xinjiang est toujours ouverte et que la région accueillerait favorablement une visite du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

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Le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a indiqué lors de son allocution à la réunion de haut niveau de la 46e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU par liaison vidéo.

Les accusations incendiaires sont fabriquées à partir de l’ignorance et des préjugés et sont tout simplement un battage médiatique malveillant et politique et ne sauraient être plus éloignées de la vérité, a déclaré Wang Yi.

Ce dernier a ajouté que les gens de nombreux pays qui ont visité le Xinjiang ont appris les faits et la vérité sur le terrain. Le ministre de la diplomatie de Chine a réaffirmé que « l’essence des problèmes liés au Xinjiang était la lutte contre le terrorisme violent et le séparatisme ».

« Grâce aux efforts des populations locales de tous les groupes ethniques, il n’y a pas eu de cas de terrorisme violent depuis plus de quatre ans dans le Xinjiang », a déclaré Wang Yi, ajoutant que la région jouissait d’une stabilité sociale et d’une dynamique de développement solide. Le peuple du Xinjiang mène une vie heureuse et en sécurité, a-t-il déclaré.

Les Ouïgours sont l’une des 56 ethnies recensées en Chine. Principalement musulmans turcophone, parlant pour la plupart une langue apparentée au turc, ils constituent un peu moins de la moitié des 25 millions de personnes vivant au Xinjiang.

« Sur la base de la loi, le Xinjiang garantit la liberté de croyance religieuse des gens », a déclaré Wang Yi, ajoutant que la population ouïgoure et les travailleurs de tous les groupes ethniques du Xinjiang peuvent choisir des professions de leur plein gré et bénéficier des droits du travail.

La Chine continuera à promouvoir le dialogue et la coopération internationaux sur les droits de l’homme, a déclaré Wang Yi. Cependant, la Chine s’oppose à l’utilisation de deux poids deux mesures pour lancer des attaques calomnieuses contre d’autres pays ou à l’utilisation des droits de l’homme comme excuse pour s’ingérer dans les affaires d’autres pays.

Selon des études d’instituts américains et australiens, au moins un million de Ouïgours ont été internés dans des «camps» du Xinjiang et certains ont été soumis à du «travail forcé» ou à des «stérilisations forcées».

La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les «camps» sont des «centres de formation professionnelle» destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, suite aux attentats meurtriers commis par des Ouïgours.