Les deux responsables du journal pro-démocratie «Apple Daily» sont poursuivis pour «collusion avec un pays étranger ou avec des éléments externes en vue de mettre en danger la sécurité nationale» en raison d’une série d’articles. Cette annonce intervient quelques jours avant la révélation de la fermeture du quotidien.

Au lendemain de leur inculpation dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale, deux responsables du quotidien Apple Daily ont comparu le 19 juin devant un tribunal de Hong Kong, qui a refusé leur libération sous caution.

Ryan Law, rédacteur en chef, et Cheung Kim-hung, directeur général, sont poursuivis pour «collusion avec un pays étranger ou avec des éléments externes en vue de mettre en danger la sécurité nationale» en raison d’une série d’articles.

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Pour le juge Victor So, il n’y a pas de motifs suffisants «pour que le tribunal pense que les accusés ne continueront pas à commettre des actes mettant en danger la sécurité nationale».

Ryan Law  et Cheung Kim-hung resteront donc en détention jusqu’à leur comparution devant le tribunal, le 13 août. Les procureurs ont déclaré que la police avait besoin de temps pour examiner plus de 40 ordinateurs et 16 serveurs saisis dans la salle de rédaction.

Plus de 500 policiers ont effectué une descente dans les locaux du très populaire journal d’opposition à la Chine continentale et ont emporté des ordinateurs, des disques durs et des carnets de notes de journalistes.

Cinq responsables ont été arrêtés : deux ont été inculpés, tandis que les trois autres ont été libérés sous caution dans l’attente d’investigations supplémentaires. «Nous continuerons à publier notre journal demain», avait déclaré la rédactrice en chef adjointe Chan Pui-man à l’extérieur du tribunal, lors de sa libération, le 18 juin.

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Plusieurs dizaines de personnes, dont d’anciens et d’actuels employés du journal, ont fait la queue au tribunal le 19 juin matin pour tenter d’assister à l’audience et apporter leur soutien aux deux responsables.

Interrogée par l’Agence France Presse, une employée du quotidien incriminé a expliqué que de nombreux employés d’Apple Daily, considèrent «chaque jour comme si c’était notre dernier» de travail au journal. «Au début, les autorités ont assuré que la loi sur la sécurité nationale ne viserait qu’un petit nombre de personnes», a-t-elle déclaré. «Mais ce qu’il s’est passé nous montre que c’était n’importe quoi».

L’affaire du journal Apple Daily est une première dans le monde politico-médiatique. En effet, pour la première fois des opinions politiques publiées par un organe de presse de Hong Kong entraînent des poursuites en vertu de cette loi controversée instaurée par la Chine en 2020.

Le journal et son propriétaire, Jimmy Lai, actuellement en prison, critique la politique de la Chine continentale depuis de nombreuses années, soutenant ardemment le mouvement pro-démocratie.

De leurs côtés, les autorités de Hong Kong et de Chine continentale ont assuré que les arrestations ne sont pas une attaque contre les médias. Mais le ministre de la sécurité de Hong Kong, John Lee, a qualifié l’Apple Daily de «syndicat criminel». La survie du journal est désormais scellée.

Le journal a expliqué ce 23 juin devoir mettre fin à son activité, en raison du gel de ses comptes en banque et des arrestations au sein de sa direction.

Le dernier numéro de l’Apple Daily à Hong Kong sera distribué  le 24 juin, a annoncé son conseil d’administration, moins d’une semaine après le gel de ses actifs et l’arrestation de cinq de ses dirigeants. La Chine n’a jamais caché sa volonté de réduire au silence ce journal très critique à l’égard du continent.