Commencé en 2017 à Lhassa, la capitale du Tibet, la première des trois phases de construction du centre de donnée vient de se terminer.

Développé par Ningsuan Technologies, le centre deviendra une passerelle pour les échanges de données entre la Chine et les pays d’Asie du Sud.

Avec 645 000 m² d’espace, ce centre sera l’un des plus vastes du monde, et le plus haut perché, installé sur le plateau de Lhassa qui culmine à 3000 mètres d’altitude. Le chantier devrait prendre fin en 2025. Il représente un investissement total de près de 12 milliards de yuan (1,5 milliard d’euros). Il s’agit d’un investissement colossal, qui pourrait générer 10 milliards de yuan (1,3 mds€) de revenus par an.

Lhassa est un choix stratégique, en raison de son climat tempéré et des températures plutôt froides tout au long de l’année. Ces basses températures en altitude permettent de réaliser des économies considérables en énergie, les serveurs nécessitant moins de climatisation.

Intégrant l’initiative « La Ceinture et la Route », le choix du Tibet est aussi politique, car d’importants investissements sont réalisés dans la région, notamment. De plus, Beijing a fait de la région le point de contact vers les pays d’Asie du Sud tels que l’Inde, le Népal, le Bangladesh.

Pour Hu Xiao, directeur général de Ningsuan Technologies interrogé par le Global Times, «un centre de donnée pour le cloud est comme une ambassade de données offshore pour les entreprises chinoises et leurs homologues en Asie du Sud».

Ce dernier a expliqué que la construction a pris du retard à cause de la crise sanitaire, car «nos employés locaux au Népal et au Bangladesh sont toujours bloqués chez eux par le verrouillage de COVID-19 et leurs contacts commerciaux avec des clients potentiels ont presque gelé».

La compagnie Ningsuan Technologies a également signé un contrat avec le géant de l’e-commerce Alibaba en 2018, afin de déployer ses activités pour le cloud au Tibet. Au dernier trimestre 2019, le marché du cloud chinois a généré 2,9 milliards d’euros. Ningsuan estime que son centre de donnée rapportera 10 milliards de yuans par an (1,2 milliard d’euros) une fois terminé.