Visé par Washington, Wuxi Biologics, qui produit des vaccins et des médicaments sous contrat pour des entreprises pharmaceutiques, a été suspendue le 8 février à la Bourse de Hong Kong après un plongeon de l’action. En effet, Washington a inscrit le géant pharmaceutique chinois sur une liste qui pourrait limiter ses activités aux États-Unis.

Le ministère américain du Commerce a annoncé le 7 février que Wuxi Biologics figurait parmi les 33 entités chinoises ajoutées à sa liste d’entreprises dont la fiabilité n’a pas été approuvée, ce qui pourrait la contraindre à obtenir des licences supplémentaires pour faire des affaires avec des entreprises américaines.

Wuxi Biologics a affirmé que cette décision n’aurait «aucun impact» sur ses activités et qu’elle était «en conformité avec toutes les réglementations américaines en matière de contrôle des exportations». Cependant, son titre a connu un plongeon de 32% le 8 février à Hong Kong avant d’être suspendu avec un cours en baisse de 23% à 62,25 dollars hongkongais (7 euros).

Le groupe s’est développé de manière agressive ces dernières années, avec une usine de production de 120.000 m² qui devrait ouvrir dans la ville de Chengdu, dans l’ouest de la Chine, en 2023, selon son site internet.

De plus, Wuxi Biologics a signé un accord avec GlaxoSmithKline et Vir Biotechnology pour produire en 2020 le Sotrovimab, un traitement à base d’anticorps contre le Covid-19. Le groupe a également racheté une usine de Bayer en Allemagne l’année dernière pour produire des vaccins contre le coronavirus.

Ces dernières années, les États-Unis ont ajouté un certain nombre d’entreprises chinoises à des listes officielles, réduisant ainsi leur capacité à commercer sur leur territoire. Cette situation ne fait qu’accentuer les tensions – déjà existantes – entre les deux plus grandes économies du monde s’intensifient.

L’ajout du géant chinois des télécommunications Huawei à une liste noire, ainsi que les mesures prises par la suite à l’encontre de la société, ont empêché ce dernier d’acheter des composants essentiels et ont grevé son activité autrefois florissante dans le domaine des smartphones.

De son côté, le ministère chinois du commerce s’est dit fermement opposé à l’ajout de 33 entités chinoises à la « liste non vérifiée » de contrôles à l’exportation des Etats-Unis, exhortant la partie américaine à corriger leur faute et à revenir sur la bonne voie de la coopération gagnant-gagnant.

« Utilisant les contrôles à l’exportation comme un outil de répression politique et d’intimidation économique, les Etats-Unis n’ont cessé ces dernières années de prendre des mesures unilatérales pour supprimer des entreprises, des institutions et des individus d’autres pays », a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué.

Selon lui, « ces comportements ont entraîné des difficultés et des obstacles à la coopération économique et commerciale normale entre les entreprises chinoises et américaines ». De plus, ils ont « gravement endommagé les ordres économiques et commerciaux internationaux et les règles de libre-échange, et ont constitué une menace sérieuse pour les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales ».

« Ce n’est pas dans l’intérêt de la Chine, ni dans celui des Etats-Unis ou du monde entier« , a-t-il souligné. Il a appelé Washington « à corriger immédiatement ses méfaits, à revenir sur la bonne voie de la coopération gagnant-gagnant, et à travailler avec la communauté internationale pour contribuer davantage à la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, ainsi qu’à la reprise de l’économie mondiale ».