La Chine commettrait une erreur «politique», «géopolitique», et «stratégique» en attaquant Taïwan, similaire à celle commise par la Russie en Ukraine, a averti le 16 novembre le plus haut gradé américain, le général Mark Milley.

«Je pense que cela serait imprudent. Ce serait une erreur politique, une erreur géopolitique, une erreur stratégique, similaire à l’erreur stratégique commise par (le président russe Vladimir) Poutine en Ukraine», a affirmé le chef d’état-major américain en réponse à une question.

Taiwan et la Chine continentale sont gouvernés séparément depuis 1949, la Chine considère l’île comme sa 23ème province, alors que Taiwan, dirigée par le Parti Démocrate et Progressiste, souhaite l’indépendance.

Mark Milley n’a pas affirmé qu’une attaque contre Taïwan était imminente. Il a évoqué le 3ème mandat du président Xi Jinping qu’il considère comme un «acteur rationnel», qui veut faire de l’unification avec Taïwan une priorité.

«Je pense qu’il évalue les coûts, les bénéfices et les risques, et je pense qu’il conclurait qu’une attaque sur Taïwan dans un futur proche s’accompagnerait de trop de risques et serait une débâcle stratégique pour l’armée chinoise», a-t-il déclaré.

Un tel choix ralentirait la Chine dans ses efforts pour devenir la première puissance économique et militaire mondiale, selon le chef d’état-major américain. Il a estimé que la guerre en Ukraine et la résistance de Kiev, aussi féroce qu’inattendue, avait offert d’importantes leçons. «L’une des leçons retenues est qu’une guerre est bien différente dans la vraie vie que sur le papier», a-t-il ajouté.

L’armée chinoise n’a pas combattu depuis 1979 et n’a «pas l’expérience» pour envahir l’île au relief accidenté, a-t-il également déclaré. «Je ne pense pas qu’il y a une tentative imminente de la part de la Chine d’envahir Taïwan», avait déclaré lundi le président américain Joe Biden après sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping en marge du G20 à Bali, en Indonésie.

Les tensions entre Taïwan et la Chine ont atteint leur niveau le plus élevé depuis des années en août, lorsque Pékin a organisé de gigantesques et inédites manœuvres militaires pour protester contre un déplacement sur cette île de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi.