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Les visas chinois au Mali, un sésame devenu rare

Depuis le début de l’année, de nombreux commerçants et particuliers maliens se plaignent des difficultés à obtenir un visa pour la Chine. Le ton est monté lorsque Youssouf Bathily a annoncé l’octroi de 14 visas chaque semaine, soit 7 le lundi et 7 le jeudi.

Depuis le début de l’année, le gouvernement a durcit les formalités d’obtention d’un visa. Désormais, pour avoir le précieux tampon, il faut produire une lettre d’invitation officielle et présenter une autorisation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM).

Or même ceux parvenus à obtenir un visa, ne peuvent rester sur le territoire chinois que 25 jours, alors que le délai minimum pour accomplir les formalités de transport des marchandises est d’un mois à plus.

Youssouf Bathily seul juge pour octroyer un visa

Youssouf Bathily, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (Photo Facebook)

Youssouf Bathily, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (Photo Facebook)

Suite à plusieurs mouvements de contestations, Youssouf Bathily, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), s’est porté garant des commerçants et opérateurs économiques maliens demandeurs de visas auprès de l’Ambassade de la Chine au Mali. De fait, lui seul,  a la possibilité d’adresser une demande de visas à 14 hommes (femmes) d’affaires par semaine.

Or, un commerçant ou un opérateur économique, demandeur d’un visa d’entrée en Chine, doit le faire en son propre nom et se présenter personnellement à l’ambassade pour les formalités et pour recevoir son visa.

Mais désormais, ce sera le président de la CCIM qui se chargera des demandes. Contacté par le site Malijet.com, ce dernier a expliqué que « la Chine est un État souverain et c’est à son représentant au Mali de décider du nombre de visas à octroyer ».

Ce dernier a indiqué n’avoir « aucun intérêt à m’impliquer dans les affaires et les décisions de l’Ambassade de la Chine au Mali. Son objectif dans l’octroi de visas est d’empêcher les faussaires d’exceller dans la demande de visa d’entrée en Chine« .

De son côté, l’ambassade avait expliqué aux responsables du Syndicat National des Commerçants détaillants qu’il s’agissait d’une question d’insécurité et de lutte contre le terrorisme. Or pour ces derniers, « l’objectif de ces mesures de restriction est de contraindre les commerçants maliens à s’approvisionner dans les magasins chinois sur place », a relevé MaliActu.

A plusieurs reprises, Damba Tidiani Kanadji, 2ème vice-président du syndicat, a expliqué que « la Chine veut simplement nous imposer de nous ravitailler chez les opérateurs économiques chinois qui sont en voie d’installation chez nous, elle veut nous empêcher d’aller acheter nos produits directement en Chine« . D’autant que 90% des commerçants maliens s’approvisionnent en Chine.

En juin, un sit-in a eu lieu devant l’ambassade de Chine

Il s’agit de la 2nde fois la Chine tente d’imposer des mesures de restriction aux commerçants maliens : « en 2007, les chinois avaient demandé que tout commerçant désirant se rendre en Chine consigne 3 millions de FCFA dans une banque et se procure un billet d’avion auprès d’une agence imposée par les Chinois. Cette tentative a échoué« , a indiqué Damba Tidiani Kanadji.

« Cette fois, les chinois reviennent à la charge en exigeant des lettres d’invitation de leurs fournisseurs en Chine, lesquels doivent également obtenir l’accord des autorités chinoises. Pire, les chinois ne veulent pas que la lettre d’invitation soit envoyée par courriel, mais fournie en copie dure avec un cachet original. Cela suppose que le fournisseur chinois poste la lettre d’invitation, ce qui engendre beaucoup de perte de temps, d’argent et d’énergie », a souligné le syndicaliste.

Face aux incompréhensions, le 7 juin, plusieurs dizaines de personnes, menées par le SYNACODEM, se sont rendues devant les grilles de l’ambassade, afin de protester contre le refus des autorités chinoises de donner des visas de séjour aux commerçants détaillants maliens.

Plusieurs organisateurs se sont associées lors de ce mouvement de contestation, comme la Coordination des Groupements et les Associations des Commerçants Détaillants (CAGCD), la Fédération Nationale des Commerçants Détaillants, le Collectif des Marchés du district de Bamako, le Collectif des Acteurs des Marchés du District de Bamako, entre autres, ainsi que des associations militantes, comme « Trop c’est trop ».

 Lors d’une nouvelle conférence de presse, Damba Tidiani Kanadji, et les organisations présentes ont exigé « la réciprocité dans les conditions d’octroi des visas et la levée de l’exigence d’une lettre d’invitation avalisée par la CCIM ».

De son côté, Ismaïla Coulibaly, président de l’association « Mali Kounko« , a expliqué que « les chinois ne veulent pas que les commerçants maliens aillent chercher des marchandises en Chine et veulent favoriser les commerçants chinois désireux de venir vendre en gros et au détail les marchandises chinoises au Mali ».

« Par exemple, les commerçant chinois transportent au Mali des tissus ‘bazin’ en les faisant passer, en douane, pour des cartons de bonbons. C’est aux autorités maliennes de prendre leurs responsabilités pour mettre fin à cette injustice », s’est indigné ce dernier.

Les autorités discutent du dossier

Ambassadrice de la Chine au Mali, Lu Huiying

Ambassadrice de la Chine au Mali, Lu Huiying

Le 21 octobre, le ministre des affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Abdoulaye Diop, a reçu l’ambassadrice de Chine, Lu Huiying, afin d’évoquer la situation. Aucune information précise n’a filtré de cet entretien, cependant,

Toutefois, ces derniers « se sont félicitées des efforts réciproques déjà employés dans ce dossier par le ministre Abdoulaye Diop auprès de son homologue de la Chine et ceux consentis par l’ambassadeur Lu Huiying dans le sens d’une meilleure gestion de la situation au bénéfice des deux pays liés par une coopération historique, riche et excellente à tous les points de vue y compris celui de la stabilisation du Mali », a indiqué Afribone.com.

Des discussions devraient se poursuivre afin de « parvenir dans les meilleurs délais et avec l’implication des autorités des deux pays à une solution satisfaisante et réciproquement avantageuse sur la base d’un certain nombre de propositions concrètes ».

Selon des sources interrogées par le journal Le Procés Verbal, , « la Chine avait tenté les mêmes choses au Sénégal mais l’ancien président, Abdoulaye Wade, les avait fait reculer en instituant la réciprocité dans la délivrance des visas. Au Congo-Brazzaville, les Chinois ont également reculé face à la colère des commerçants qui avaient décidé de s’en prendre aux commerçants chinois installés chez eux. Les Chinois ne respectent que le rapport des forces; ils n’ont pas d’état d’âme ».  

Pour l’heure, le dossier est entre les mains des autorités maliennes, qui sont appelées à plus de fermeté envers les diplomates chinois, afin de permettre aux commerçants maliens de se rendre en Chine, pour pouvoir s’approvisionner.

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