Une amende historique de 300 millions de dollars a été imposée à la filiale singapourienne de l’entreprise californienne Seagate par le département américain du Commerce pour avoir fourni des disques durs au géant chinois des télécommunications Huawei sans autorisation préalable de l’administration américaine.

La sanction se base sur une règle édictée par le Bureau industrie et sécurité (BIS) du DoC en août 2020, obligeant une demande d’autorisation pour les entreprises étrangères vendant des équipements à Huawei si ces derniers contiennent des technologies américaines.

Or, Seagate, spécialisée dans la fabrication de disques durs, utilisés comme support de mémoire notamment pour les smartphones et les ordinateurs, a continué à fournir Huawei, via sa filiale à Singapour qui fabriquait et livrait les pièces, sans autorisation préalable. Seagate a vendu en un peu plus de douze mois pour environ 1,1 milliard de dollars de produits, selon le ministère.

«Seagate a agi de la sorte alors que ses deux seuls concurrents ont cessé de fournir Huawei, devenant de fait sa seule source d’approvisionnement», a indiqué le DoC, dans un communiqué, justifiant sa décision.

Le groupe californien a signé un «accord de coopération stratégique de trois ans, devenant un +fournisseur stratégique de Huawei+ et ayant priorité sur les autres fournisseurs», a ajouté le département du Commerce.

«Ces choix ont des conséquences: c’est la plus importante sanction administrative de l’histoire de notre agence (le BIS, NDLR)», a souligné un responsable du DoC, John Sonderman, cité dans le communiqué.

«Toute entreprise qui exportera vers une entité soumise à des restrictions doit s’assurer que son processus industriel n’intègre pas des technologies américaines dans ses produits. Si c’est le cas, elles doivent nous le signaler», a-t-il rappelé.

Dans un communiqué, le directeur général du groupe Seagate, Dave Mosley, a estimé que «bien que nous pensions nous conformer aux réglementations lorsque nous avons réalisé ces ventes, nous avons jugé que parvenir à un accord avec le BIS était la meilleure chose à faire».

L’administration de l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, avait interdit aux entreprises du pays de commercer avec Huawei. Son successeur Joe Biden a durci les sanctions, interdisant notamment la vente des nouveaux produits de la marque sur le territoire américain.

Figurant parmi les géants de la tech, Huawei est dans le collimateur de Washington depuis de nombreuses années pour des raisons de cybersécurité et de suspicions d’espionnage. La société a dû trouver de nouveaux canaux d’approvisionnement en semi-conducteurs, ces composants indispensables au fonctionnement des smartphones et autres appareils électroniques.