La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’étend désormais à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), suite à la remise en cause de Washington de la légitimité de la Chine à être membre de l’institution internationale.

Les membres de l’OMC se penchent actuellement sur «l’examen des politiques commerciales» de la Chine. Ce sujet est régulièrement débattu par tous les membres de l’OMC. Suite à cette première rencontre de ce 11 juillet, qui prendra fin le 14 juillet, l’ambassadeur américain Dennis Shea a assuré que la Chine nuit aux états membres de l’OMC via son statut de membre.

Le diplomate a estimé que si la position de Beijing n’était pas traitée rapidement «elle finira par ruiner l’organisation», a relevé l’Agence France Presse. «L’incapacité de la Chine à adopter pleinement les politiques d’ouverture et d’orientation du marché, qui constituent les fondements de cette institution, doit enfin faire l’objet d’un débat, que ce soit au sein de l’OMC ou en dehors», a considéré Dennis Shea.

De son côté, la Chine a indiqué dans un rapport qu’elle «était un défenseur solide du libre-échange» depuis qu’elle a rejoint l’OMC en 2001, et qu’elle «tient tous ses engagements annoncés». La charge de Denis Shea intervient au moment où l’administration Trump vient dresser une liste complémentaire de produits chinois importés d’un montant de 200 milliards de dollars (168 mds €) par an.

Rencontre en avril 2017 entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump,

Le président Donald Trump prévoyait de nouvelles sanctions si la Chine ripostait. Chose faite avec la mise en vigueur par la Chine des premières mesures protectionnistes américaines portant sur 34 milliards de dollars (29 mds €) de produits chinois.

Pour justifier cette nouvelle liste, le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer a assuré dans un communiqué que «depuis plus d’un an, l’administration Trump a patiemment demandé à la Chine de mettre fin à ses pratiques déloyales, d’ouvrir ses marchés et de se livrer à une concurrence basée sur les forces du marché».

Ce dernier a estimé que «malheureusement, la Chine n’a pas changé de comportement (…) et celui-ci menace l’avenir de l’économie américaine. Plutôt que de répondre à nos préoccupations légitimes, la Chine a commencé à prendre des mesures de rétorsion contre des produits américains. De telles actions sont injustifiables».

Si ces taxes entraient en vigueur, ce ne serait pas avant septembre 2018. A Beijing, les responsables ont assuré qu’ils seraient forcés de prendre des mesures de représailles en cas de nouveaux droits de douane américains.

Le ministère chinois du Commerce a jugé «totalement inacceptables» les nouvelles menaces de Washington et dénoncé le «comportement irrationnel» des Etats-Unis ainsi que son «hégémonisme commercial». De son côté, le vice-ministre du Commerce, Li Chenggang, avait accusé les Etats-Unis de vouloir «détruire» le commerce entre les deux pays.