mercredi, juin 19

Washington critique la Chine pour la publication d’une image polémique

Les Etats-Unis ont critiqué la Chine pour avoir publié une photo manipulée montrant un soldat australien tenant un couteau couvert de sang sur la gorge d’un enfant afghan, dénonçant une « bassesse » sans précédent de la Chine.

Le Premier ministre australie Scott Morrison

L’Australie avait réclamé le 30 novembre le retrait d’une image et des excuses de la part de la Chine après la publication par un haut responsable chinois d’une mise en scène montrant un soldat australien tenant un couteau couvert de sang sur la gorge d’un enfant afghan.

Lors d’un point presse, le Premier ministre Scott Morrison a dénoncé cette mise en scène sur des crimes de guerre qui auraient été commis par des soldats australiens en Afghanistan. Il a jugé l’image publiée sur Twitter par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian, comme « extrêmement répugnante ».

« C’est complètement scandaleux et rien ne peut la justifier », a-t-il dit. « Le gouvernement chinois devrait avoir absolument honte de cette publication. Elle le rabaisse aux yeux du monde », a-t-il ajouté.

Hua Chunying, une autre porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, interrogée sur les propos de Scott Morrison, a indiqué que « c’est le gouvernement australien qui devrait avoir honte que ses soldats tuent des civils afghans innocents ».

La Chine réfute les accusations

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a assuré que « l’accusation est fausse en soi, car l’image n’est pas réelle, mais une illustration créée par un jeune artiste par ordinateur. Le concept est totalement différent ».

Pour cette dernière, l’Australie cherche à jeter le blâme sur la Chine en faisant du battage autour de cette question. Elle a indiqué que l’image était basée sur un rapport d’enquête confirmé par les Forces de défense australiennes (FDA). « Bien qu’il s’agisse d’une illustration, elle reflète les faits ».

Le 19 novembre, les FDA ont publié les résultats d’une enquête dans laquelle les témoignages de plus de 400 personnes ont été entendus. L’enquête montre que des « preuves crédibles » établissent que des soldats des forces spéciales de l’Australie ont tué 39 prisonniers, agriculteurs et civils durant la guerre en Afghanistan.

Citant une interview de l’auteur de l’image, Hua Chunying a souligné que les actions des soldats australiens étaient bien plus cruelles que ce que présentait l’image. Sur les questions impliquant la Chine, certains adoptent une mentalité « je peux, mais pas vous », a souligné la porte-parole, citant des exemples dans les domaines des technologies et de l’économie.

« Je peux avoir la 5G, mais pas vous », « je peux vous dépasser sur le plan économique, mais pas vous » et « je peux vous critiquer ouvertement, mais pas vous ». Une telle attitude révèle l’arrogance et l’hypocrisie de certaines personnes et expose leur objectif réel, qui est de priver la Chine de son droit de dire la vérité, a indiqué la porte-parole.

« J’espère que ces gens-là peuvent regarder la Chine et le développement de la Chine de manière calme et raisonnable, adopter des actions constructives et oeuvrer avec la Chine pour résoudre les différends et maintenir conjointement le développement sain des relations bilatérales », a ajouté Hua Chunying.

Certains pays dénoncent le publi-montage

Alors que le Premier ministre australien Scott Morrison a réclamé des excuses, la Chine a repoussé cette demande et son ambassade en Australie « a réfuté les accusations injustifiées (de l’Australie) comme étant absolument inacceptables ».

Zhao Lijian, porte parole MAE

Selon le porte-parole de l’ambassade, « nous souhaitons insister davantage sur ce qui suit : la rage et les hurlements de certains politiciens et médias australiens ne sont rien d’autre qu’une mauvaise interprétation et une réaction excessive au tweet de M. Zhao ».

Il a affirmé que ces accusations avaient simplement deux objectifs : l’un est de détourner l’attention du public des « horribles atrocités commises par certains soldats australiens », et l’autre est de blâmer la Chine pour l’aggravation des relations sino-australiennes. « Tout cela n’est évidemment pas propice au rétablissement des relations bilatérales », a-t-il poursuivi.

« Nous (…) exhortons la partie australienne à faire face au nœud du revers actuel des relations bilatérales et à prendre des mesures pratiques constructives pour contribuer à ramener ces relations sur la bonne voie », a conclu le porte-parole.

Cependant, plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et la France, ont fait part de leur préoccupation après la publication du montage photo sur un compte officiel du ministère chinois des Affaires étrangères.

« La dernière attaque du PCC est un autre exemple de son utilisation incontrôlée de la désinformation et de la diplomatie coercitive. Son hypocrisie est évidente pour tous », a déclaré le département d’État américain. Le département a ajouté que la Chine empêchait ses citoyens d’accéder à des publications sur Twitter.

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