Washington saisit des cargaisons de navires et des produits venant du Xinjiang

par | Juin 25, 2021 | Chine-Etats-Unis, MONDE, Xinjiang

Washington saisit des cargaisons de navires et des produits issus du «travail forcé» au Xinjiang. La Maison Blanche a confirmé dans un communiqué que «la critique des violations perpétrées par les autorités chinoises à l’encontre de la minorité Ouïghoure, reste l’une de ses priorités».

Les États-Unis ont publié le 24 juin un décret accordant à tous les travailleurs portuaires américains le pouvoir de saisir les cargaisons et les produits issus du «travail forcé» des Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang.

La Maison Blanche

En septembre 2020, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté un projet de loi interdisant les importations en provenance de la région chinoise du Xinjiang, accusant la Chine obliger des membres de la minorité Ouïghoure au travail forcé.

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La Maison Blanche a déclaré que «les dockers de tous les ports d’entrée américains ont reçu l’ordre d’entamer immédiatement la saisie de toutes les cargaisons de l’entreprise chinoise «Hoshine Silicon Industry», soupçonnées d’être le produit du «travail forcé» au Xinjiang».

L’institution américaine a expliqué que les pratiques du gouvernement chinois à l’encontre des travailleurs dans la province du Xinjiang «font partie des violations systématiques contre la minorité Ouïghoure».

La Maison Blanche a souligné que la critique des violations perpétrées par les autorités chinoises contre les minorités «restera l’une des principales priorités de l’administration américaine», et ce, dans le cadre de son engagement à protéger les droits de l’homme.

Cette dernière a également évoqué l’imposition de nouvelles sanctions contre 5 entités chinoises (non spécifiées) «pour avoir tiré profit du travail forcé» des minorités musulmanes au Xinjiang.

«Les sanctions américaines imposées à la Chine sont conformes aux décisions du dernier sommet du G7», a indiqué le communiqué de la Maison Blanche. Le communiqué a souligné l’impératif d’accorder aux minorités de la région du Xinjiang leurs pleins droits.

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En août 2018, une commission des droits de l’homme des Nations Unies a rapporté que la Chine détenait près d’un million de Ouïghours musulmans dans des camps secrets au «Turkestan oriental».

La Chine dénonce d’ailleurs les nouvelles sanctions américaines contre des entreprises chinoises, liées au recours au « travail forcé » au Xinjiang (nord-ouest du pays), où vivent les Ouïghours.

Outre la société Hoshine Silicon Industry, les autorités américaines ont également émis des restrictions commerciales sur quatre autres sociétés. « Le travail forcé encouragé par l’État au Xinjiang est une insulte à la dignité humaine et un exemple des pratiques économiques inéquitables » de la Chine, a ajouté la présidence américaine.

La diplomatie chinoise n’a pas tardé à dénoncer ces nouvelles mesures. « Ce sont des méthodes de gangster qui pillent la propriété d’autrui », a répliqué vendredi lors d’une conférence de presse Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Les victimes de ces agissements américains, in fine, ce seront les habitants du Xinjiang et leur droit à la subsistance et au développement. Cela crée de la pauvreté forcée, du chômage forcé », a-t-il dénoncé.

Le Xinjiang a longtemps été frappé par des attentats attribués à des séparatistes ou des islamistes de l’ethnie musulmane ouïghoure. Les autorités y imposent depuis quelques années une surveillance policière draconienne.

Les Etats-Unis, sur la base d’études de chercheurs occidentaux et d’organisations non gouvernementales, reprochent à la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours dans des « camps » du Xinjiang.

La Chine dément ce chiffre et affirme qu’il s’agit de « centres de formation professionnelle » destinés à aider la population à trouver un emploi, afin de l’éloigner de l’extrémisme islamiste. « Les États-Unis utilisent le prétexte des droits de l’Homme (…) pour bloquer le développement industriel du Xinjiang », a estimé Zhao Lijian.

Les autorités américaines ont déjà bloqué l’importation de produits capillaires, de coton, de pièces informatiques ou textiles fabriqués dans des entreprises de la région.

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