mardi, mai 21

WeChat bloqué pour certains chinois

A l’approche des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, des dissidents chinois se sont plaints d’avoir été mis à l’écart de l’application WeChat, omniprésente dans le pays.

Dans un pays hyperconnecté, être exclu de WeChat équivaut à une sorte de mort sociale et surtout de difficultés pour pouvoir accéder à certains services ou contacter la famille. La personne bannie se retrouve interdit de messagerie et de paiements et ne peut plus télécharger le pass sanitaire qui donne accès à nombre de commerces et de transports publics.

Huit intellectuels ou militants des droits de l’Homme ont expliqué l’Agence France Presse que leur compte WeChat avait été bloqué ou bien qu’ils n’avaient plus accès à certaines fonctions, comme les messages de groupe, depuis début décembre.

Tencent, le groupe privé qui gère l’appli, n’a pas répondu aux questions de l’agence de presse sur le sujet.

Ces restrictions surviennent alors que deux militants ont été arrêtés pour incitation à la subversion: l’avocat Xie Yang et l’écrivain Yang Maodong, tandis qu’un troisième, l’avocat Tang Jitian, n’a plus donné de nouvelles depuis le mois décembre 2021. Ce dernier se rendait à Pékin pour participer à un événement sur les droits de l’Homme à la délégation de l’UE. Ses proches le supposent détenu au secret.

« Cette vague de fermeture des comptes WeChat est brutale et sans précédent », a indiqué la journaliste Gao Yu, qui a constaté des anomalies sur son propre compte depuis le 20 décembre, à l’Agence France Presse.

Pékin a pour habitude de bloquer l’accès à l’internet des dissidents ou bien de les éloigner de Pékin à l’approche de grandes célébrations et d’anniversaires comme celui du massacre de Tiananmen en 1989. La proximité des JO d’hiver ne fait pas exception à la règle.

« Le pouvoir veut faire en sorte que les gens ne franchissent pas la ligne rouge sur internet et profanent la façade immaculée des JO d’hiver », a indiqué la chercheuse Yaqiu Wang, de l’association américaine Human Rights Watch.

L’écrivaine pékinoise Zhang Yihe a précisé ne plus pouvoir communiquer avec des groupes d’amis sur WeChat depuis le 8 janvier, ni pouvoir poster des contenus sur son mur. Tandis que la sociologue Guo Yuhua, de la prestigieuse Université Tsinghua, a confirmé que son compte avait été définitivement bloqué le même jour, tandis qu’un célèbre professeur de droit, He Weifang, a dit avoir subi le même sort le lendemain.

Interrogé, le Comité international olympique (CIO) a indiqué dans un courriel n’avoir « ni le mandat ni la capacité de changer les lois ou le système politique d’un Etat souverain ». L’institution lausannoise « se doit de rester neutre à l’égard de toute question politique », a-t-il ajouté.

A Pékin, le comité d’organisation des Jeux a assuré à l’AFP ne pas être au courant de ces informations et de s’opposer « au mélange de la politique et du sport ».

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