Le président chinois Xi Jinping a déploré auprès d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel les «barrières commerciales» mises en place dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, au moment où une taxe carbone est à l’étude dans l’Union européenne (UE).

Le président chinois, Xi Jinping, le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont échangé en visioconférence sur les enjeux de climat et de santé à l’approche du prochain sommet virtuel sur le climat prévu les 22 et 23 avril à l’initiative du président américain Joe Biden.

Xi Jinping n’a pas encore confirmé sa participation à cet événement, mais ce dernier devrait être présent ou son représentant à la COP15 sur la biodiversité en octobre en Chine, et à la COP26 sur le climat en novembre à Glasgow.

«La réponse au changement climatique est la cause commune de l’humanité», a déclaré le  président chinois à ses interlocuteurs, selon la télévision publique CCTV. «Elle ne doit pas devenir un enjeu géopolitique, la cible d’attaques venant d’autres pays ou encore un prétexte pour édifier des barrières commerciales», a-t-il poursuivi.

Les députés européens ont proposé en mars  une taxe carbone pénalisant certaines importations (électricité, ciment, acier, aluminium, verre, etc.) venant de pays hors-UE, dont la Chine et  ayant des normes climatiques moins strictes.

La Commission européenne proposera d’ici juin son propre texte avant de le soumettre aux États membres. Le mécanisme entrerait en vigueur d’ici 2023.

Xi Jinping a réitéré que la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, commencera à réduire ses émissions de CO2 «avant 2030» et parviendra d’ici 2060 à la «neutralité carbone». «La Chine fera ce qu’elle dit, et ce qu’elle fera atteindra ses objectifs», s’est engagé le président chinois.

Xi Jinping a aussi appelé les économies développées à «montrer l’exemple sur la réduction des émissions» et à «fournir un soutien» financier et technique aux nations en développement face au changement climatique.

La visioconférence Xi-Merkel-Macron intervient en pleine visite en Chine de l’émissaire américain pour le climat John Kerry, actuellement à Shanghai. L’ex-secrétaire d’État (2013-2017) doit notamment s’entretenir avec son homologue chinois chargé du dossier, Xie Zhenhua, mais aucune information n’a été divulgué pour le moment sur ces entretiens.

Rencontre entre Wang Yi et John Kerry, secrétaire d’Etat américain, fin janvier 2016.

Selon le porte-parole  de la diplomatie, Zhao Lijian, Xie Zhenhua, l’envoyé spécial de la Chine pour les questions du changement climatique, s’entretiendra avec John Kerry à Shanghai, le 17 avril. Les deux hommes devraient échanger leurs points de vue sur la coopération en matière de changement climatique entre la Chine et les Etats-Unis et la 26e Conférence des Nations unies sur le changement climatique.

Une semaine plus tôt, le président Xi Jinping avait assuré que «la Chine est disposée à travailler avec l’UE pour assurer le succès d’une série de rendez-vous politiques importants à venir au travers de consultations, approfondir et élargir la coopération pratique à tous les niveaux, renforcer la communication sur le changement climatique et d’autres questions de gouvernance mondiale et pratiquer ensemble le multilatéralisme».

De son côté, Angela Merkel avait assuré à Xi Jinping que «l’Allemagne est prête à travailler avec la Chine pour préparer un nouveau cycle de consultations intergouvernementales Allemagne-Chine, reprendre les échanges de personnel dès que possible et renforcer les échanges et la coopération dans des domaines comme la lutte contre le COVID-19, le changement climatique et la biodiversité».