Le président Xi Jinping s’est rendu en Birmanie afin de célébrer le 70ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques.

Beijing est un important soutien du gouvernement birman, isolé sur la scène internationale depuis les accusations de « génocide » à l’encontre des musulmans Rohingyas.

A son arrivée le 17 janvier, le président chinois a qualifié la Chine et le Myanmar de « voisins amicaux liés par des montagnes et des fleuves », soulignant que les deux peuples jouissaient d’une profonde amitié « Paukphaw » (fraternelle).

« Depuis l’établissement de nos liens diplomatiques il y a 70 ans, nous avons défendu et agi sur les cinq principes de la coexistence pacifique et fait des progrès constants dans nos échanges et notre coopération dans divers domaines », a indiqué Xi Jinping.

Au cours de sa visite des 17 et 18 janvier, le leader chinois souhaite renforcer la place de son pays comme premier investisseur en Birmanie, dirigée par la prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi.

Le gouvernement chinois propose de construire un couloir économique Chine-Birmanie pour relier l’Empire du milieu à l’océan Indien, un projet crucial dans sa stratégie d’influence mondiale de « La Ceinture et la Route« .

Beijing a aussi promis d’investir plusieurs dizaines de milliards de dollars dans le pays. D’ailleurs, selon les dernières données de la douane chinoise, le commerce entre la Chine et le Myanmar a connu une augmentation annuelle de 28,5% en 2019 pour atteindre environ 17,71 milliards de dollars (16 mds€).

Pour certains experts, consultés par l’Agence France Presse, la visite du président Xi Jinping comporte des risques immenses pour la Birmanie. « Cela donne le sentiment une fois de plus que (les Birmans, ndlr) sont trop dépendants de la Chine et c’est une position qui est dangereuse », a estimé Richard Horsey, analyste indépendant, basé en Birmanie.

En dépit de la bonne entente, les relations bilatérales connaissent certaines frictions : conflits ethniques à la frontière, impact des barrages et des pipelines, sentiment anti-chinois dans la population birmane…