Des combats font rage entre des rebelles d’un groupe ethnique et les forces de sécurité birmanes dans la région de Kokang, poussant des milliers de personnes à fuir vers la Chine.

Au moins une vingtaine d’hommes d’un groupe armé rebelle, 5 policiers et 5 civils sont morts dans des affrontements à Laukkai, principale ville de cette région sinisante dans l’Etat Shan, a annoncé le bureau de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

Selon le communiqué du bureau de cette dernière, « de nombreux civils innocents y compris un enseignant d’école primaire (…) ont été tués en raison des attaques du groupe armé MNDAA », la Myanmar Nationalities Democratic Alliance Army.

Une source de l’armée a indiqué à l’Agence France Presse que « les habitants de la ville s’enfuient », sans pour autant préciser le nombre : « nous n’avons pas encore de chiffres exacts ».

Des rebelles de l’Alliance du nord, dont certains étaient vêtus d’uniformes de policiers ont attaqué des postes de la police et de l’armée et des sites dans la ville. Des tirs d’artillerie et d’armes légères ont été échangés tout au long de la journée.

Cette alliance regroupe 4 groupes rebelles dont le MNDAA, a confirmé que ses membres combattaient à Laukkai, dans le cadre d’une opération d' »auto-défense » face à une « offensive ennemie« .

Le gouvernement chinois a annoncé le 9 mars avoir accueilli « par souci humanitaire » plus de 20 000 réfugiés birmans. « Depuis l’éclatement du conflit, plus de 20.000 Birmans habitant dans la zone frontalière sont entrés en Chine pour fuir temporairement la guerre« , a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Geng Shuang.

« Par souci humanitaire, la Chine leur a fourni l’assistance nécessaire« , a-t-il indiqué sans fournir davantage de détails. Par ailleurs, un habitant chinois a été blessé cette semaine par un projectile envoyé depuis la Birmanie, a confirmé le ministère.

Geng Shuang a exhorté les deux camps à « cesser le feu immédiatement » et à « prendre des mesures (…) pour rétablir la paix et la stabilité dans les régions frontalières ».

La région birmane de Kokang, peuplée de nombreux habitants d’origine chinoise, s’était déjà embrasée en 2015, poussant des milliers de civils a allaient se refugier en Chine.