Le commerce extérieur a reculé en 2016 confirmant le ralentissement économique du pays. Les exportations et les importations ont respectivement diminué de 7,7% et de 5,5%.

Les exportations ont atteint 2’100 milliards de dollars (1’917 mds €)  l’an dernier, et les importations 1’590 milliards (1’451 mds €), a annoncé l’administration des douanes, soit un excédent commercial de 510 milliards (466 mds €).

Les exportations ont dévissé de 6,1% sur un an, uniquement au mois de décembre, à 209,4 milliards de dollars (191,1 mds €). Elles avaient dégringolé de 10% en septembre et de 7,3% en octobre, pour progresser de 0,1% sur un an en novembre, à 196,8 milliards de dollars (181,3 mds €).

« Certains obstacles subsistent pour le commerce extérieur chinois« , a indiqué le porte-parole des douanes Huang Songping lors d’une conférence de presse, jugeant l’environnement commercial international « austère et complexe ».

Le recul des exportations pour le mois de décembre est nettement plus prononcé que celui attendu par un panel d’experts sondés par l’agence financière Bloomberg, qui estimaient celui-ci à -4%. Pour Julian Evans-Pritchard, de Capital Economics, la chute des exportations « intervient malgré des signes de reprise de la demande mondiale, une tendance reflétée par les chiffres positifs enregistrés dans les économies voisines, à Taïwan et en Corée du Sud.

Signe inquiétant « étant donné que la situation actuelle de hausse des prix et de croissance relativement robuste de l’industrie mondiale aurait dû constituer un soutien pour le commerce chinois », souligne-t-il. Ce dernier a estimé que « dans le futur, il est difficile de voir ce qui pourrait générer une reprise plus significative du commerce chinois ».

Les importations ont, de leur côté, grimpé de 3,1%, à 168,6 milliards de dollars (154 mds €). En novembre, elles avaient gonflé de 6,7% sur un an, à 152,2 milliards de dollars (139 mds €), après s’être repliées de 1,4% en octobre.

L’excédent commercial était sur le seul mois de décembre de 40,8 milliards de dollars (37,2 mds €).  La conjoncture actuelle reste encore instable, avec une industrie plombée par des surcapacités massives ; une hausse inquiétante de l’endettement public et privé ; et une bulle alarmante du secteur immobilier.

La transition économique est encore en cours, et elle devient douloureuse au fus et à mesure des mois qui passent. En effet, le gouvernement tente de rééquilibrer son système vers les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure, réduisant l’impact sur le PIB de l’industrie manufacturière et des exportations à faible valeur ajoutée.

La part du commerce dans le produit intérieur brut (PIB) est tombée de 40,7% en 2015 à 66% en 2006, selon la Banque mondiale, mais le pays reste un moteur pour la croissance économique mondiale.

Les tensions avec Donald Trump, prochain président des États-Unis, second partenaire commercial la Chine, après l’Union européenne, pourraient plomber les échanges bilatéraux. D’autant que ce dernier a promis d’imposer une taxe prohibitive de 45% sur les importations chinoises.

De son côté, le porte-parole de l’administration, Huang Songping, a indiqué que « la Chine avait connu une situation complexe et morose, caractérisée par davantage d’incertitudes et d’instabilités, mais grâce aux efforts du gouvernement, le commerce extérieur s’était stabilisé et avait commencé à se redresser depuis le deuxième semestre de 2016 ».