Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, récemment nommé par Donald Trump, a indiqué que son pays allait envoyer un « signal clair » à Beijing pour lui interdire « l’accès » aux îles disputées de mer de Chine du sud.

« Nous allons devoir envoyer un signal clair à la Chine, pour lui signifier que les constructions sur les îles (contestées) doivent cesser, et ensuite, que (son) accès à ces îles ne sera plus permis », a déclaré Rex Tillerson, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Attaque virulente du nouveau secrétaire d’Etat américain

Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, le 11 janvier 2017 (wikimédia)

Pour ce dernier, « construire des îles et ensuite installer des équipements militaires sur ces îles, c’est la même chose que la prise de la Crimée par la Russie ». De son côté, Lu Kang, porte-parole du ministère des affaires étrangères, a répondu que la Chine « avait parfaitement le droit » de mener des activités dans la région concernée.

Cependant, depuis plusieurs années le Pentagone assure que pour assurer sa souveraineté sur les îles de mer de Chine méridionale, Beijing a entreprit des travaux de « remblaiement », afin d’agrandir des îlots et récifs. Le but est d’y construire des installations portuaires, phares, pistes d’atterrissage et/ou infrastructures militaires.

« Ils s’emparent de territoires, les contrôlent, ou déclarent les contrôler, quand bien même ces territoires n’appartiennent pas en justice à la Chine », a insisté Rex Tillerson. « C’est une menace pour l’ensemble de l’économie, si la Chine est capable d’imposer ses volontés sur le passage (des navires) à travers ces eaux », a-t-il observé.

S’exprimant lors d’un point de presse, Lu Kang a déclaré que « la situation en mer de Chine méridionale s’est apaisée, et nous espérons que les pays extérieurs à la région pourront respecter le consensus que (cet apaisement) est dans l’intérêt fondamental du monde entier ».

Pour certains observateurs, dont Rory Medcalf, professeur de l’Australian National University, la menace de Rex Tillerson n’est pas « un objectif crédible » et s’il souhaite la mettre à exécution, cela pourrait être « contre-productif« , a indiqué ce dernier à l’AFP.

Toutefois, « on imagine difficilement que cela se fasse sans une confrontation de quelque sorte », a-t-il prévenu. En effet, les Etats-Unis ont accentué leur présence militaire en Asie et Beijing se dit prête à déployer son armée dans la région.

Sur la question de Taïwan

Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson a affirmé que les Etats-Unis devaient affirmer à Taipei qu’ils n’abandonneront pas leur engagement à défendre l’île militairement si nécessaire.

Ce dernier a ajouté « prudemment » n’être pas au courant d’un quelconque projet d’abandon de la « politique de la Chine unique ». Mais les dernières déclarations de Donald Trump, président élu américain, laissent planer un doute, qui commence à irrite les autorités chinoises.

En effet, dans un entretien au Wall Street Journal, Donald Trump avait indiqué la semaine dernière que « tout était sur la table, y compris (la politique) de la Chine unique ». Le président élu a d’ailleurs justifié son échange téléphonique avec la dirigeante  de Taïwan, Tsai Ing-wen, rappelant que Washington avait vendu l’an dernier à Taipei « 2 milliards de dollars (1,8 mds €) d’équipement militaire dernier cri ».  

En réaction, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Lu Kang, a indiqué que la politique d’une seule Chine constituait le fondement politique des relations bilatérales et était « non négociable ».

« Il est nécessaire de souligner qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, et que Taiwan est une partie inaliénable de la Chine », a indiqué Lu Kang dans un communiqué publié le 14 janvier.

Beijing réitère sa position

Ce dernier a exhorté « la partie concernée aux Etats-Unis à comprendre le caractère hautement sensible de la question de Taiwan et à respecter les engagements pris par les gouvernements américains précédents envers la politique d’une seule Chine et les principes des trois communiqués conjoints », a-t-il ajouté.

Ce dernier a appelé les Etats-Unis à traiter de manière appropriée la question de Taïwan, afin d’éviter de saper le développement sain et stable des relations bilatérales et la coopération dans les principaux domaines.

Cependant, le nouveau secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, n’a pas hésité à critiquer l’action de la Chine, considérée comme n’étant pas « un partenaire fiable pour user de son influence » sur Pyongyang afin d’endiguer son programme nucléaire illégal, ajoutant que les objectifs de la Chine étaient parfois « en conflit avec les intérêts américains ».