photo chine standard Le soutien financier de la Chine à l’Union européenne marque l’attachement qu’ont les chinois vis-à-vis des européens. En effet, Pékin a promit 100 milliards de dollars (87 milliards d’euros) au Fonds Européen de Stabilité Financière, afin d’aider et soutenir les États, subissant de plein fouet la crise économique et financière internationale.

A de nombreuses reprises, les dirigeants chinois ont fait part de leur soutien diplomatique et économique, mais surtout leur confiance en l’économie européenne.  Cependant, conscients des risques encourus à injecter des fonds dans les institutions financières, la Chine a décidé de conditionner son aide,  afin de s’assurer quelques garanties. Ainsi, le gouvernement chinois souhaite un accès anticipé au statut d’économie de marché au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Un statut que lui refusent l’Union européenne et les États-Unis mais qui lui permettra de faire tomber certaines barrières tarifaires.

Acteur du sauvetage de la zone euro

Selon des conseillers de la banque centrale chinoise interrogés par le Financial Times, Klaus Regling, directeur du FESF, s’est rendu dans la capitale chinoise pour discuter des modalités d’un possible investissement de 50 à 100 milliards de dollars (35 à 70,5 milliards d’euros).

Une négociation nécessaire car la Chine détient actuellement environ 3.200 milliards de dollars (2.784 milliards d’euros) de devises étrangères, dont 500 milliards de dollars (435 milliards d’euros) de dette européenne. Raison pour laquelle, la Chine parvient à maintenir le rapport de force et à demander – voire exiger – une plus grande ouverture du marché européen à ses produits et ses investissements.

Tentant de minimiser la situation, Klaus Regling a affirmé, vendredi 28 octobre matin, qu’il « n’y a pas de négociations en cours avec la Chine » mais des « consultations régulières à un stade préliminaire » avec les autorités du pays, a indiqué le quotidien, Le Figaro. De son côté, Beijing a précisé le jour même qu’elle attendait d’obtenir « des détails techniques pour y voir clair » avant d’investir. « Des études sérieuses » seront également menées avant de procéder à tout investissement, a expliqué le vice-ministre chinois des Finances lors d’un point presse.

Éviter la contagion

La chef du Service de l’économie mondiale de l’Institut de Recherches des Relations internationales modernes de Chine, Chen Fengying, a estimé sur Radio Chine Internationale, que la Chine devait participer activement au FESF, car la crise des dettes européennes pourrait aussi affecter la Chine.

La chercheuse a indiqué qu‘ »injecter des capitaux chinois, c’est secourir l’Europe dans le besoin, c’est aussi aider d’autres et la Chine elle-même ». La zone euro a elle décidé mercredi 26 octobre, lors d’un sommet des chefs d’états européens à Bruxelles, de solliciter Beijing pour renforcer la capacité d’action du FEFS.

Klaus Regling a indiqué lors d’une conférence de presse que « nous savons tous que la Chine a un besoin particulier d’investir ses excédents », avant de rappeler que les investisseurs asiatiques achètent environ 40% des obligations du FESF.