D’après le quotidien kényan Business Daily, citant des données du ministère kenyan des finances, la Chine détenait 72% de la dette publique bilatérale du Kenya au 31 mars 2018.

Ce taux n’était que de 57% au 31 décembre 2016. Cela représente une augmentation de 15 points de la dette totale par rapport à 2016 où les créances chinoises représentaient 57 % de la dette extérieure du Kenya.

La croissance rapide de l’endettement du Kenya auprès de la Chine a contribué à faire passer le stock total de la dette extérieure de la première économie d’Afrique de l’Est à 2560 milliards de shillings, soit un peu plus de la moitié de la dette publique totale du pays, qui s’élève à 5100 milliards de shillings (50 milliards de dollars).

Début mai dernier, le Kenya a rejoint la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII). De plus, le Kenya est l’un des 14 Etats africains ayant récemment rencontrés à Harare (au Zimbabwe), pour discuter de la possibilité de détenir le yuan dans leurs réserves de changes, donnant à la Chine une place plus importante dans la finance mondiale.

Toutefois, la multiplication des prêts de la Chine inquiète les institutions financières, dont le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Ces dernières craignent une totale dépendance financière de Nairobi à la Chine, ce qui impliquerait un cycle infernal de la dette.

D’ailleurs en février 2018, l’agence de notation Moody’s a dégradé la notation du Kenya en raison notamment de la hausse des niveaux d’endettement. Ainsi, le FMI a bloqué l’accès du pays à une facilité de crédit de 1,5 milliard de dollars en raison du non-respect des objectifs budgétaires. De son côté, la BM a exhorté le Kenya à réduire ses déficits et à placer la dette du pays sur une « voie durable ».

Le Kenya compte sur les investissements directs chinois