Le ministre des Affaires étrangères Joseph Wu et le ministre de la Santé et des Affaires sociales Chen Shih-chung ont protesté le 24 mai dans un communiqué commun contre l’exclusion de Taiwan de l’Assemblée mondiale de la santé.

Le ministère des Affaires étrangères, à Taipei.

En effet, Taiwan n’a pas été invité à participer, en tant qu’observateur, à la 74e Assemblée mondiale de la santé (AMS) qui se tient à partir du 24 mai de manière virtuelle.

Les deux ministres y expriment le profond mécontentement du gouvernement taïwanais et rappellent la ferme détermination de Taiwan et du peuple taïwanais à participer à l’AMS.

Le ministre des Affaires étrangères Joseph Wu et le ministre de la Santé et des Affaires sociales Chen Shih-chung ont également fait part de leur sincère gratitude envers la communauté internationale pour son soutien appuyé à la demande de participation de Taiwan.

«Cette année, l’AMS reste centrée sur la réponse à la pandémie de Covid-19 ainsi que sur les moyens de bâtir un monde en meilleure santé, plus sûr et plus équitable. La récente augmentation du nombre de cas à Taiwan montre une fois de plus que le virus ne connaît pas de frontières», a souligné Chen Shih-chung.

«Taiwan ne peut rester en marge, et il ne devrait pas y avoir de trou dans la prévention globale contre la maladie. Dans ce combat collectif contre la maladie, le monde doit partager toute l’information et l’expertise disponibles. Que Taiwan n’ait pas reçu d’invitation à participer à l’AMS est une perte non seulement pour Taiwan mais aussi pour le reste du monde», ont indiqué ces derniers.

«La santé est un droit humain fondamental et une valeur universelle. En tant qu’organisation sanitaire internationale professionnelle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devrait se mettre au service de la santé et du bien-être de l’humanité tout entière et non capituler devant les intérêts politiques d’un certain membre», a ajouté Chen Shih-chung.

Joseph Wu a indiqué «regretter que le secrétariat de l’OMS reste indifférent aux droits sanitaires des 23,5 millions de Taïwanais». «En ignorant les appels à la justice lancés par la communauté internationale et visant à laisser Taiwan contribuer à la santé publique et à la médecine mondiales, l’OMS contrevient non seulement à la noble promesse de ne laisser personne de côté que le système des Nations unies souligne à l’envi, mais prive aussi les autres pays des bénéfices de la vaste expérience de Taiwan en matière de santé publique et de lutte contre les épidémies», ajoute-t-il.

«La Chine a continué à prétendre faussement que les dispositions appropriées ont été prises en vue de la participation de Taiwan à l’OMS. Cela s’écarte entièrement de la réalité, contredit la compréhension qu’en a la communauté internationale, et viole la volonté du peuple taïwanais. La république populaire de Chine n’a jamais gouverné Taiwan et continue pourtant ses interprétations déformées de la Résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies et de la Résolution 25.1 de l’Assemblée mondiale de la santé, induisant ainsi en erreur la communauté internationale», a dénoncé le communiqué publié sur le site web des Affaires étrangères.

Le ministère des Affaires étrangères réitère «avec force que seul le gouvernement élu de Taiwan peut représenter les 23,5 millions de Taïwanais à l’OMS et dans les autres organisations internationales». Le ministère appelle l’OMS à conserver «une approche neutre et professionnelle, à rejeter l’interférence politique de la Chine et à autoriser Taiwan à se joindre aux réunions, mécanismes et activités de l’OMS de manière à protéger le bien-être de toute l’humanité et de combattre ensemble la maladie».

«Cette année, le soutien à la demande de participation de Taiwan s’est fait plus fort, plus direct et plus divers», a souligné le ministère. En effet, pour la première fois, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont ainsi publié un communiqué en ce sens.

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Les chefs d’État et de gouvernement et des responsables politiques de pays alliés ainsi que du Japon, de la Suède, du Canada, de la Belgique et des Etats-Unis ont eux aussi publiquement apporté leur soutien à cette participation.

Le ministère a aussi exprimé sa gratitude envers les îles Marshall, Saint-Christophe-et-Niévès, Nauru et le royaume d’Eswatini, qui sont intervenus lors des débats «deux contre deux» organisés pour discuter de cette proposition.

«L’appui de parlementaires du monde entier n’a jamais été aussi massif», se félicite le ministère. Le Sénat français, le Parlement danois et la commission des Affaires du Parlement slovaque ont ainsi adopté des résolutions soutenant la participation de Taiwan.

A cela s’ajoute, la campagne en ligne lancée par le Congrès américain pour appeler à «laisser Taiwan aider» (#LetTaiwanHelp) qui a été relayée par plus de 250 parlementaires et responsables de haut rang dans une cinquantaine de pays.

En lien avec cette campagne, l’Alliance interparlementaires sur la Chine (IPAC) a diffusé un message vidéo dans lequel ses 16 coprésidents et des membres de onze parlements nationaux et du Parlement européen appellent à la participation de Taiwan à l’OMS. Enfin, Taiwan a pu compter sur le soutien de l’Association médicale mondiale.