Le gouvernement ne fixera pas d’objectif de croissance cette année, a annoncé le Premier ministre, Li Keqiang, lors de l’ouverture de la troisième session de la 13e Assemblée populaire nationale, tenue au Grand Palais du Peuple.

Cette annonce est un bouleversement inédit pour le géant asiatique, toujours fragilisé par la pandémie de coronavirus.

« Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir » en raison de la pandémie de Covid-19 et de la conjoncture mondiale, a indiqué Li Keqiang dans son discours ouvrant la session annuelle du Parlement.

La Chine a largement jugulé l’épidémie sur son territoire et les restrictions de déplacement sont progressivement levées. Mais les conséquences du virus devraient durer. Le pays va ainsi laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l’an dernier) mettant un frein à sa politique de désendettement pour soutenir une économie en souffrance.

Le déficit du pays augmentera ainsi de 1.000 milliards de yuans (128 milliards d’euros) par rapport à l’an dernier, a précisé le Premier ministre. La Chine n’a plus connu d’excédent budgétaire depuis 2007.

Le Premier ministre a également annoncé l’émission d’un emprunt d’État pour un montant de 1.000 milliards de yuans. Le gouvernement tient ainsi à rééquilibrer son économie vers la consommation intérieure, au moment où la pandémie paralyse ses principaux partenaires commerciaux, l’Union européenne et les Etats-Unis, et pénalise les exportations, un secteur clé pour le géant asiatique.