La société américaine supervisant l’audit des entreprises cotées à Wall Street a annoncé ce 28 août un accord avec les autorités chinoises permettant l’inspection et l’investigation de cabinets d’experts-comptables enregistrés en Chine continentale et à Hong Kong.

Les entreprises chinoises cotées aux États-Unis ont recours à ces cabinets, dont les méthodes interrogent les autorités américaines. Le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) a décrit l’accord comme «le plus détaillé et le plus contraignant» jamais signé avec Pékin.

Dans un communiqué, le superviseur a expliqué que l’accord va permettre au PCAOB de choisir librement les sociétés et de mener son enquête sur de possibles violations aux lois américaines sans la moindre interférence des autorités chinoises.

Des inspecteurs du superviseur américain des audits doivent se rendre en Chine et à Hong Kong à partir de mi-septembre pour mener leur travail. «Le PCAOB pourra déterminer si la Chine a cessé d’entraver l’accès en fonction du respect par la Chine de cet accord et de son autorisation à un accès intégral et dans les meilleurs délais à l’information», a prévenu le superviseur.

Le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, a salué l’accord, «il faudra juger sur pièce», a prévenu dans un communiqué son président, Garry Gensler. «Bien qu’il soit important, ce protocole n’est qu’une étape dans le processus. Cet accord ne sera significatif que si le PCAOB peut réellement inspecter et enquêter en toute liberté sur les cabinets d’audit en Chine», a-t-il ajouté.

«Si ce n’est pas le cas, environ 200 entreprises basées en Chine feront face à des interdictions d’échanger leurs actions aux États-Unis si elles continuent à utiliser ces cabinets d’audit», a averti Garry Gensler.

Les régulateurs américains exigent que les sociétés chinoises cotées à Wall Street se plient aux mêmes règles comptables que les autres sociétés et ont menacé à plusieurs reprises de retirer ces groupes de la Bourse si elles s’obstinaient dans leur refus d’obtempérer.

«Plus de 50 juridictions ont accepté de respecter la condition qui permet au PCAOB d’inspecter et d’enquêter sur les cabinets d’audit d’entreprises cotées aux États-Unis, où que soit basé le cabinet d’audit», a souligné Garry Gensler. «2 ont refusé: la Chine et Hong Kong», a-t-il poursuivi.