La fin de la politique de l’enfant unique en octobre 2015 a entraîné un certain nombre de problème dans les petites villes et les villages, où les hôpitaux, les pédiatres et les jardins d’enfant sont débordés.

D’après l’agence de presse Bloomberg, « les petites villes ont du mal à faire face à un baby-boom (…), démontrant qu’il est trop tôt pour relâcher davantage le nouveau plafond pour deux enfants ». En effet, le gouvernement réfléchit à la possibilité d’autoriser, voir inciter, les cuoples à avoir plus de deux enfants.

Une natalité trop rapide dans les petites villes

La député Sun Xiaomei a évoqué auprès de Bloomberg ses visites dans les petites villes et villages qui lui ont permit de se rendre compte que « les hôpitaux sont déjà étirés, et les pédiatres et les jardins d’enfants ont du mal à faire face aux accouchements » croissants.

Le manque de place, de personnel, et de structure mettent en évidence des problèmes profonds instaurés par cette nouvelle politique. Même si elle a des effets positifs dans les grandes métropoles, qui ont anticipé une hausse des natalités, les plus modestes peinent à s’en sortir.

Pour Sun Xiaomei, les députés n’ont pas prit en compte la situation dans les moyennes et petites villes et les villages, tirant « probablement des conclusions simplement de ce qui se passe dans les grandes villes », mais « les choses ne sont pas comme elles ont été imaginé ».

En effet, dans les petites villes et villages, les parents sont plus enclins à avoir un 2nd enfant, car les coûts sont moins élevés que dans les métropoles. Mais les installations médicales et éducatives sont « à un point de rupture ».

Face aux manques, l’attente pour se soigner est de plus en plus longue, il y a une pénurie de pédiatre, infirmier, mais aussi de structure d’accueil pour les enfants. Malgré ces défis, Sun Xiaomei s’attend à ce que « les politiques de planification des naissances soient complètement levées ».

Pour cette dernière, avant cela, il est indispensable de « construire des hôpitaux supplémentaires, de former plus d’obstétriciens, de subventionner les structures de garde d’enfants et d’offrir des allègements fiscaux aux familles ayant plus d’enfants ».

« Quand nous aurons résolu tous ces problèmes, nous finirons par lever toutes les restrictions », a assuré l’universitaires, estimant qu’il faut « probablement attendre cinq ans pour voir le résultat ».

Un impact direct sur l’économie du pays

La fin de la politique de l’enfant unique permettra la naissance de 50 millions d’enfants supplémentaires d’ici à 2029. Or en octobre 2015, les fonctionnaires estimaient une augmentation de 4 millions de naissances supplémentaires par an jusqu’en 2020. Mais en 2016, les naissances ont augmenté de seulement 1,31 millions.

Raison pour lesquelles, certains universitaires estiment que cette nouvelle politique ne permettra pas d’enrayer le vieillissement accéléré et la baisse de la main-d’œuvre. Contrairement à eux, Sun Xiaomei, professeur à l’Université des femmes de Chine à Beijing, assure que la politique de deux enfants n’arrive pas trop tard.

En effet, depuis 2012, la population en âge de travailler a diminué, soit seul 800 millions de personnes en 2050 d’après The Lancet. Or cette situation menace la compétitivité du secteur des exportations à mesure que les salaires augmentent. Le dynamisme de l’économie est également menacé, car la part des jeunes diminue.

Certains démographes, dont Cai Fang, membre du Comité permanent de l’APN, ont demandé au pouvoir central d’autoriser trois enfants ou plus et a appelé le gouvernement à mettre en place des mesures incitatives pour encourager davantage de naissances.

D’ailleurs début mars, le gouvernement envisageait de fournir aux couples des « incitations financières » pour avoir un second enfant. Car selon un sondage de la commission nationale de la santé et de la planification familiale sur la volonté d’accouchement en 2015, 74,5% des couples ne souhaitaient pas un 2ème enfant, parce que le coût est trop élevé.

« Vous ne pouvez pas étendre une mauvaise politique simplement parce qu’il n’y a pas assez de ressources« , a indiqué à Bloomberg Li Wei, membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois. Pour ce dernier, « même une levée complète des restrictions actuelles n’arrive pas assez tôt pour sauver la nation d’un effondrement de la population« .

Li Wei, ancien maire à Jiangmen (Guangdong), a expliqué qu’il est de plus en plus difficile pour les usines d’embaucher des travailleurs. « Sans travail, comment pouvons-nous développer l’économie? » a-t-il souligné. Ce dernier a ajouté que « nous devrions non seulement lever les restrictions sur les naissances, nous devrions les encourager en ce moment » pour préparer l’avenir économique et social du pays.

Une aide financière pour avoir un 2nd enfant