Depuis l’élection en 2016 de Tsai Ing-wen, issue d’un parti politique traditionnellement favorable à l’indépendance, Beijing a intensifié ses efforts pour isoler l’île.

Les autorités chinoises ont obtenu que des compagnies aériennes et des groupes hôteliers étrangers référencent sur leurs sites Taïwan comme faisant partie de la Chine. Taïwan a également été exclue de grandes rencontres internationales à la demande de Beijing, qui a aussi intensifié ses manoeuvres militaires à proximité de l’île.

Pour le président du Salvador, Salvador Sanchez Ceren, son pays suit une tendance « inévitable » tandis que Taïwan a accusé la Chine continentale de séduire ses alliés à coups de dollars.

Depuis que Tsai Ing-wen est arrivée au pouvoir, l’île a perdu cinq alliés, dont trois rien que cette année. Les Etats, reconnaissant encore Taïwan, ne sont pas des poids lourds de la diplomatie mondiale (Vatican, un seul pays africain ainsi que des nations du Pacifique et d’Amérique latine), mais ce soutien compte dans la quête de légitimité de l’île.

Pour Jonathan Sullivan, de l’Université de Nottingham, « le calcul de la Chine est qu’il sera plus facile, si plus personne ne reconnaît Taïwan, de retirer sa légitimité au gouvernement de Taipei et de préparer les Taïwanais démoralisés et la communauté internationale à l’unification ».

Mais « séduire le Salvador, c’est aussi un message aux Etats-Unis », selon Fan Shih-ping, politologue à l’Université normale nationale de Taïwan. « C’est indirectement une gifle à Trump car le Salvador est à la porte des Etats-Unis« , a assuré ce dernier.

« Le président chinois Xi Jinping pense que Pékin peut user de son influence pour parvenir à la réunification », a indiqué à l’Agence France Presse, Huang Kwei-bo de l’Université nationale Chengchi de Taïwan. « Ils ignorent désormais les parties prenantes taïwanaises et décident unilatéralement ce qu’ils veulent faire. C’est assez inquiétant car cela signifie que Pékin n’a plus aucune volonté de dialogue », a déclaré ce dernier.

En effet, le gouvernement chinois a coupé tous les contacts officiels avec Taïwan après l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen. Or en privant Taïwan de tous ses alliés diplomatiques, Beijing pourrait encourager et motiver ceux souhaitant une « République de Taïwan », a indiqué Jonathan Sullivan.

Toutefois, « les relations informelles de Taïwan, en tant que partenaire commercial des Etats-Unis, du Japon, de l’Union européenne et de presque tous les pays au monde sont beaucoup plus importantes pour la vitalité de Taïwan. »