La dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen a appelé à l’unité du peuple taïwanais, exhortant ce dernier à ne pas céder aux pressions du gouvernement chinois.

Cette déclaration intervient au moment du 60ème anniversaire des bombardements meurtriers entrepris par les chinois. En 1958, l’Armée populaire de libération a tiré 470 000 obus sur Kinmen et les îlots voisins, faisant 618 mort dans une campagne qui aura duré 44 jours.

Les commémorations de la campagne chinoise de tirs d’artillerie sur la petite île de Kinmen, connue sous le nom de « Bombardement 823 », sont placés cette année dans un contexte de tension avec la Chine continentale.

En effet, le gouvernement veut assurer sa souveraineté sur la République de Chine, dont la dirigeante a rejeté l’idée d’adhérer au principe d’une seule Chine, via le Consensus de 1992.

Dans le but de maintenir la pression sur les autorités taïwanaises, Beijing a intensifié ses efforts pour isoler Taïwan sur la scène internationale, en s’alliant aux partenaires diplomatiques de Taipei, comme le Salvador, le Burkina Faso, le Panama.

Seuls 17 Etats reconnaissent encore Taïwan : le Vatican, un seul pays africain ainsi que des nations du Pacifique et d’Amérique latine.

Le Salvador se détourne de Taipei au profit de Beijing

Kinmen faire partie du territoire de Taïwan, mais se trouve à seulement deux kilomètres à l’est de la ville chinoise de Xiamen. « A l’heure de nous rappeler 60 ans après du ‘Bombardement 823’, nous n’oublions pas l’esprit de solidarité », a déclaré Tsai Ing-wen sur sa page Facebook.

« Alors que nous faisons face à des efforts d’annihilement diplomatique, nous n’oublions pas à quel point notre pays peut être fort s’il est uni », a-t-elle ajouté, assurant que si les Taïwanais chérissaient la paix, ils ne considéraient pas la sécurité nationale comme un fait acquis.

Lors des commémorations à Kinmen, le ministre taïwanais de la Défense, Yen De-fa a estimé que les forces taïwanaises devaient se « préparer au combat » face à ce qu’il a considéré comme des menaces grandissantes de la Chine continentale.

Les deux territoires sont dirigés par deux gouvernements distincts depuis 1949, après la guerre civile entre communistes (basés à Beijing) et nationalistes (réfugiés dans la capitale taïwanaise Taipei). Bien que l’île ne soit pas reconnue comme pays par l’ONU, elle se gère de façon autonome.