Quelques jours avant le Sommet des dirigeants des pays d’Asie-Pacifique (APEC), les dirigeants chinois et japonais ont décidé de se rencontrer afin d’échanger sur une relance du dialogue politique entre les deux pays. Celui-ci est rompu depuis 2012, lorsqu’a éclaté de nouveau le donflit territorial concernant les îles Sensaku/Diaoyu.

Le contexte actuel met en évidence une convergence dans la région visant à créer une zone de libre-échange entre voisins asiatiques et du Pacifique. Raison pour laquelle, ce sommet est particulier. D’autant plus que Beijing et Moscou tentent de rompre avec la domination occidentale pour développer la coopération régionale.

Cet objectif commun est poussé par la vision idéologique de chacun mais accentué par la crise économique et financière internationale. Cette crise est l’occasion pour les pays émergents d’Asie de créer des instances financières régionales, visant à prévenir tout risque de contagion comme ce fut le cas, en 2009, avec l’effondrement de la banque américaine, Lehman and Brothers.

Reprendre les discussions après trois ans

Pour les médias japonais, la rencontre entre le Premier ministre japonais, Shinzo Abe et le président chinois, Xi Jingping, est crucial pour l’avenir de la coopération bilatérale. Cet échange devrait avoir la semaine prochaine en marge du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Beijing.

Raison pour laquelle les médias estiment qu’une entente serait possible afin de faire face conjointement à la crise économique internationale. Mais surtout dépasser les tensions exacerbées, depuis l’automne 2012, suite au conflit concernant les îles Diaoyu/Sensaku.

En effet, durant des trois années, aucun sommet bilatéral, ni conférence de haut niveau n’ont été organisé, bien que Shinzo Abe ait invité à plusieurs reprises les autorités chinoises à échanger sur plusieurs sujets, dont le conflit territorial. Ces invitations ont systématiquement refusées par Beijing.

Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda et le président chinois, Hu Jintao

Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda et le président chinois, Hu Jintao

Le sommet de décembre 2011 aura été le dernier entre les deux pays. A cette occasion, le chef du gouvernement japonais, Yoshihiko Noda, avait rencontré le président chinois, Hu Jintao. Depuis cette année-là, des discussions moins stratégiques avaient eu lieu en mai 2012, entre Yoshihiko Noda et le Premier ministre chinois Wen Jiabao, notamment lors de la rencontre tripartite réunissant Tokyo, Beijing  et Séoul.

Or, la volonté des pays émergents de régionaliser leurs échanges à obligé Beijing à répondre positivement à la demande de rencontre des autorités japonaises. Car sans eux, la zone de libre-échange ne pourrait pas avoir lieu dans la région. De même Tokyo ne peut s’isoler de ses voisins asiatiques, dont le potentiel économique ne fait qu’émerger.

Une gestion bilatérale de la crise territoriale

Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé vendredi 7 novembre, que « la Chine et le Japon ont acté vendredi leurs divergences territoriales et décidé la mise en œuvre d’un mécanisme de gestion des crises censé éviter toute escalade ».

Cette annonce survient après la rencontre à Beijing, entre le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi, et le conseiller à la sécurité nationale du Japon, Shotaro Yachi. Ces derniers ont débattu de la situation sur les îles Diaoyou/Senkaku, qui sont îlots inhabités de mer de Chine orientale, revendiqués par les deux pays.

Le ministère chinois a indiqué qu’un dialogue politique, diplomatique et sécuritaire allait reprendre à travers « des canaux multilatéraux mais aussi bilatéraux ». Confirmant ainsi la rencontre prochaine entre Xi jinping et Shinzo Abe.

Toutefois, Yang Jiechi a assuré, dans un communiqué, que le gouvernement japonais devait « accepter et prendre en compte des facteurs notamment historiques ».

Shinzo Abe est attendu dans la capitale chinois pour assister au sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), les 9 et 10 novembre. A cette occasion, ce dernier pourrait rencontrer le président chinois Xi Jinping, ce qui « aurait une forte portée symbolique et pourrait signaler un possible réchauffement des relations entre les deux pays », selon Reuters.

Il s’agit également d’un signe d’entente entre les deux puissances pour consolider la coopération économique et financière, qui a aboutit à la création d’un fonds de développement lors du sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).