Le Nord-est du pays tente d’attirer les investisseurs étrangers afin de relancer son économie, désormais basée sur le développement des technologies de pointe, devenues l’alternative à la production de charbon.

Les trois provinces du Nord-est et l’Est de la région autonome de la Mongolie intérieure représentent à elles-seules 110 millions de personnes pour un PIB de 6 trillions de yuans (775,037 milliards d’euros, grâce  ces principales industries : produits manufacturiers, véhicules, charbon et élevage.

Créer des co-structures  pour accueillir les entreprises

Située au centre de la « Ceinture de la rouille« , la région est en pleine déroute suite à l’abandon par les autorités des industries lourdes, comme le charbon. Cette débâcle s’est d’ailleurs traduite par un résultat économique désastreux, avec une récession marquée l’an dernier, alors que la croissance nationale s’était relevée à 6,7%.

Afin d’assurer la politique nationale de rééquilibrage économique au profit des services, de la consommation intérieure, des énergies « propres » et des technologies avancées, Shenyang, la capitale du Liaoning a construit un « Parc industriel sino-américain ».

Celui-ci est spécialisé dans les équipements automobiles à haute valeur ajoutée et viendra compléter les équipements existants comme le « Complexe sino-allemand de production d’équipements intelligents », où BMW, Siemens et BASF sont déjà installés.

Lancement d’une « Zone de libre échange pilote« .

Pour assurer une relance de l’économique de la province, et plus largement de la région, le gouvernement central a annoncé en avril 2017 le lancement d’une zone pilote de libre-échange.

L’objectif est de revitaliser la base industrielle traditionnelle et de promouvoir la coopération économique et commerciale internationale en Asie du Nord-Est, dans le cadre de l’initiative une Ceinture, une Route.

« Avec la mise en œuvre de la ZLE, le Liaoning va devenir une partie intégrante de la stratégie nationale pour construire un nouveau système économique ouvert, et assumera ses responsabilités liées à la réforme et l’ouverture » a expliqué aux médias Li Xi, secrétaire provincial du PCC du Liaoning.

Cependant, Song Yanlin, directeur de la zone de libre-échange du Liaoning, a souligné que « le plus grand défi pour notre province et je dirai même pour l’ensemble du nord-est du pays, c’est la rigidité du mécanisme institutionnel. La ZLE apportera un nouveau souffle et obligera le gouvernement à recréer le système de service« .

Faciliter les démarches administratives

Cette zone devrait stimuler les investissements chinois et étrangers, la consommation et le commerce extérieur, pouvant ainsi faire du Liaoning, un nouveau moteur de l’économie locale. Face à toutes les mesures engagées par le gouvernement central et provincial, le Liaoning devrait réussir sa transition économique.

Or ce n’est pas le cas. De nombreuses entreprises européennes se plaignent des discriminations qui persistent, comme l’obligation d’avoir un partenaire local ou de réaliser des transferts technologiques, la concurrence déloyale, les restrictions réglementaires…

Toutefois, pour Harald Kumpfert, président de la Chambre de commerce européenne à Shenyang, « le gouvernement local nous offre de nombreux avantages, comme des facilités pour enregistrer les entreprises, des prix réduits pour les espaces industriels et commerciaux et des visas de trois ans pour les familles ».  

Ainsi, il y a « plus de soutien pour les entreprises étrangères ici. Il y a un gros rattrapage à accomplir, et (les autorités locales) veulent travailler avec nous« , a expliqué Jason Lee, directeur de développement pour Eastern America, propriétaire des terres où est construit le Shenyang American Industrial Park.

Plusieurs entreprises étrangères tentent alors l’aventure et s’installent dans le Liaoning particulièrement les entreprises des secteurs des énergies renouvelables, du tourisme, de l’agriculture ou des technologies de pointe.

En dépit de la bonne volonté des autorités, la processus devrait être long, ainsi, les bâtiments construits dans le Complexe sino-allemand de production d’équipements intelligents sont quasiment vides. Wolfgang Wagner, directeur opérationnel de la structure, a expliqué qu’il ne s’agit pas d’un manque d’intérêt, car une vingtaine de firmes étrangères sont déjà sur les rangs pour s’y installer.

Il explique que cela vient du fait que la plupart des entreprises étrangères « ont les plus grandes difficultés à décrocher les autorisations nécessaires pour louer des locaux dans ces bâtiments appartenant à l’Etat ».

Le Liaoning, un hub de l’Asie du Nord-est

Wolfgang Wagner a assuré que les entreprises étrangères devraient s’installer d’ici 2019. Une année cruciale pour la région, car l’objectif de la province est de devenir d’ici 2020 un centre commercial important en Asie du Nord-est.

Dix domaines clés devraient être concentrés dans cette province : l’intégration du développement régional, le développement de nouvelles technologies et la structure industrielle moderne ainsi qu’une meilleure utilisation des ressources humaines.

Ces secteurs pourraient booster durablement l’économie du Liaoning et de ses voisins, car elles sont géographiques proches de la Corée du Sud, de la Russie et du Japon. Les autorités espèrent que la province devienne « un acteur majeur en tant que passerelle vers l’Asie du Nord et la région économique en mer de Bohai ».

Mais, pour l’heure les mesures prises par le gouvernement pour réduire la dépendance de plusieurs décennies à l’égard des entreprises publiques restent encore dans le domaine du théorique.

Le défi pour les industries traditionnelles réside dans leurs difficultés à innover et se moderniser. La ville de Shenyang tient à redevenir une puissance économique, basée sur les secteurs émergents, tels que le tourisme, la science et la technologie.