Les autorités honkongaises ont donné une semaine au journaliste britannique, Victor Mallet, pour quitter le territoire, après lui avoir refusé de renouveler son visa de travail.

Rédacteur en chef pour l’Asie du Financial Times, Victor Mallet est également vice-président du Club des correspondants étrangers (FCC), une institution à Hong Kong. Le FCC invite régulièrement des personnalités de tous obédiences politiques pour des conférences ouvertes à ses membres et aux médias.

La dernière conférence avait provoqué la colère des autorités chinoises, car les organisateurs avaient invité en août Andy Chan, dirigeant du Parti national qui milite pour l’indépendance de Hong Kong. Victor Mallet avait été l’animateur de cette conférence, au cours de laquelle, Andy Chan avait accusé la Chine de chercher à «annexer» et à «détruire» Hong Kong.

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Londres se fâche

La Grande-Bretagne a réclamé des «explications urgentes» après le refus de Hong Kong de renouveler le visa de travail du journaliste. «Nous avons demandé au gouvernement de Hong Kong de fournir urgemment une explication», a indiqué dans un communiqué le ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth.

«Le haut degré d’autonomie de Hong Kong et ses libertés de la presse sont au centre de son mode de vie et doivent être intégralement respectés», a ajouté le ministère. De son côté, le consulat américain à Hong Kong a qualifié de «particulièrement inquiétante» la mesure prise contre Victor Mallet.

De petites manifestations de partisans et d’adversaires d’Andy Chan avaient eu lieu aux abords du FCC, et l’ancien chef de l’exécutif hongkongais Leung Chun-ying avait ouvertement appelé à ce que le prestigieux club soit expulsé du bâtiment qui l’abrite et qui appartient au gouvernement.

La presse pro-Pékin a salué la décision des autorités, le journal «Ta Kung Pao» a affirmé dans un éditorial que le journaliste devait «payer le prix» d’avoir animé la conférence avec Andy Chan. Le journal a aussi fait valoir que le FCC pourrait être expulsé du bâtiment où il fonctionne depuis 1982.

Une situation inédite

«C’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation à Hong Kong», a indiqué le Financial Times, dans un communiqué confirmant que le renouvellement du visa de Victor Mallet avait été rejeté. «On ne nous a pas donné de raison au refus», selon la même source.

En vertu de l’accord de rétrocession passé entre Beijing et Londres en 1997, Hong Kong jouit d’une semi-autonomie et de libertés inconnues dans le reste de la Chine continentale, y compris la liberté d’expression. Mais depuis quelques années, les voix s’élèvent pour dénoncer la remise en cause de ces libertés du durcissement de l’emprise de la Chine sur le petit territoire.

Pour Maya Wang de Human Rights Watch, «le refus d’un nouveau visa pour M. Mallet est le signe d’une dégradation de la situation des droits de l’Homme à Hong Kong». «Le gouvernement de Hong Kong est en train de suivre Pékin dans ses agissements agressifs à l’égard de ceux dont les opinions déplaisent aux autorités», a-t-elle dit.

L’Union européenne s’insurge

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini a dénoncé l’expulsion du rédacteur en chef du Financial Time de Hong Kong comme une « décision politique » et « un précédent inquiétant » pour la liberté de la presse dans l’ancienne colonie britannique.

« La décision des autorités de Hong Kong de refuser de renouveler le visa de travail du rédacteur en chef du Financial Times pour l’Asie, Victor Mallet, constitue un précédent inquiétant », a affirmé la porte-parole de Federica Moghereni, Maja Kocijancic, dans un communiqué.

« En l’absence d’une explication crédible de la part des autorités, la décision semble motivée politiquement et soulève donc de sérieuses inquiétudes quant à la liberté de la presse et à la liberté d’expression à Hong Kong », a souligné Maja Kocijancic.

Cette décision « risque de porter atteinte à la réputation internationale de Hong Kong et à sa confiance dans le principe : un pays, deux systèmes », a-t-elle averti.

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