La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam n’a pas écarté ce 8 octobre la possibilité d’accepter l’aide du gouvernement chinois, afin de mettre fin à la contestation de plus en plus violente de la mouvance pro-démocratie.

La région semi-autonome fait face depuis quatre mois à desmanifestations et actions quasi quotidiennes, ayant dernièrement dégénérées en des affrontements entre policiers et radicaux. Ces derniers se sont livrés à des actes généralisés de vandalisme contre notamment des entreprises ayant des liens avec la Chine continentale.

Suite à la montée des violences, Carrie Lam a décidé d’invoquer une vieille loi d’urgence de 1922, afin d’interdire le port du masque lors des manifestations. Des groupes radicaux s’en alors sont pris à des dizaines de stations du métro, dont l’opérateur est accusé de faire le jeu du gouvernement chinois.

Le travail a repris ce 8 octobre, et Carrie Lam, qui est une des cibles de la colère des manifestants, a estimé que son gouvernement était capable de régler cette crise. Mais elle a estimé qu’elle pourrait appeler Beijing à l’aide si la situation dérapait encore.

« A ce stade, je suis toujours convaincue que nous devons trouver une solution nous-mêmes. C’est aussi la position du gouvernement central qui pense que Hong Kong doit affronter seul le problème », a-t-elle expliqué lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

« Mais si la situation devient très grave, alors aucune option ne peut être exclue si nous voulons que Hong Kong ait une deuxième chance », a-t-elle ajouté. Nommée par un comité acquis à Beijing, Carrie Lam est vivement critiquée par les manifestants pour sa décision d’interdire les masques faciaux.

Ces derniers ont alors manifesté avec le visage masqué pour réaffirmer qu’ils ne respecteraient pas la mesure. Un étudiant et une femme de 38 ans ont été inculpés le 7 octobre pour port de masque prohibé, et libérés sous caution.

Carrie Lam a jugé qu’il était « trop tôt » pour dire si l’interdiction était efficace ou non: « Vous serez d’accord sur le fait qu’il faut du temps pour mettre en oeuvre une nouvelle politique ou une nouvelle loi ».

Elle a refusée de réagir sur la suggestion du député pro-Pékin Ip Kwok-him, membre du conseil exécutif, souhaitant limiter l’accès à internet pour mieux lutter contre la capacité d’organisation des manifestants.