La cheffe de l’exécutif Hongkongais, Carrie Lam, a salué ce 1er octobre le « retour de la paix » à Hong Kong, à l’occasion de la fête nationale, jour anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

La République populaire de Chine célèbre sa création chaque 1er octobre, un jour férié qui donne lieu à des festivités officielles dans tout le pays. Cette année, des milliers de policiers anti-émeute ont été mobilisés pour prévenir toute manifestation d’envergure du mouvement pro-démocratie.

A Hong Kong, cette fête nationale est aussi l’occasion pour une partie de la population de dénoncer la volonté de la Chine continentale de revenir sur les libertés garanties dans le cadre de l’accord de sa rétrocession à la Chine en 1997.

Les manifestations ont quasiment été toutes interdites depuis le début de l’année à Hong Kong, où une loi sur la sécurité nationale, adoptée par la Chine, est entrée en vigueur le 1er juillet 2020 à Hong Kong.

Des hélicoptères ont déployé des drapeaux chinois et hongkongais, et ont survolé Hong Kong, au moment où Carrie Lam et des responsables chinois participaient à une commémoration dans le centre des expositions, sous la protection des forces de l’ordre.

« Au cours des derniers mois, un fait incontestable pour tout le monde est que notre société est à nouveau en paix », a déclaré Carrie Lam lors de son allocution. « La sécurité nationale de notre pays a été protégée à Hong Kong et nos citoyens peuvent à nouveau exercer leurs droits et libertés conformément aux lois ».

En 2019, le 70ème anniversaire de la Chine avait donné lieu à de violents affrontements entre manifestants et policiers. Les autorités ont de fait interdit cette année toute manifestation, pour des raisons de sécurité et dans le cadre de la lutte contre le coronavirus qui empêche les rassemblements publics de plus de quatre personnes.

Une source policière a indiqué à l’Agence France Presse que 6.000 policiers ont été mobilisés ce 1er octobre, soit le double de l’effectif normalement réquisitionné lorsque les autorités s’attendent à des manifestations.

Tout au long de la matinée, des groupes de militants connus du mouvement pro-démocratie se sont rassembles par petits groupes de quatre personnes maximum dans les rues de Hong Kong. « Dans la Chine d’aujourd’hui, ceux qui veulent la liberté sont réprimés alors que ceux qui la répriment sont au pouvoir », a déclaré à la presse le militant Lee Cheuk-yan.

Le 30 septembre 2020, le directeur du bureau de Liaison, Luo Huining, avait appelé à inculquer plus de patriotisme à Hong Kong, affirmant qu’être fier de la mère patrie était un devoir. Dans la matinée du 1er octobre, la police était très présente à travers la ville, procédant à des fouilles et à de nombreux contrôles.

Une demande d’autorisation de manifester avait été déposée par le Civil Human Rights Front, coalition organisatrice en 2019 d’importantes manifestations en faveur de la démocratie, pour réclamer la remise en liberté d’un groupe de 12 habitants de Hong Kong détenus en Chine.

Mais depuis le début de l’année, il a été presque impossible d’organiser des manifestations dans la ville. Au cours des rares rassemblements qui ont eu lieu, la police anti-émeute et des policiers en civils sont rapidement intervenus : en un seul jour début septembre près de 300 personnes ont été arrêtées.