Photographe de mode et de luxe, Chen Man a réalisé de nombreuses couvertures de magazine, dont Vogue, Elle, Vision, Bazaar, Marie-Claire, Cosmopolitan, Officiel, Esquire, Grazia, et Madame Figaro Chine.

Chen Man Très appréciée pour ses clichés, Chen Man est disputée dans le monde de la publicité. Cette dernière a travaillé pour Lancôme, Motorola, Adidas, Nike, Max Factor ou encore l’Oréal. Née en 1980 à Beijing, cette jeune photographe a photographié de nombreuses stars comme Fan BingBing, Gong Li, Faye Wong, Nicole Kidman, Rihanna, Victoria Beckham ou encore Sophie Marceau.

Chen Man se définit comme « une femme bâclée et paresseux à l’extérieur et un homme calme et concentré à l’intérieur. Une unité de conflits. Je sais quand il faut desserrer et quand il faut serrer. Comme mon ami Wan Baobao me décrit: Turtle, plus la foudre« , explique cette dernière sur son site.

Une artiste maniant son appareil avec génie

Les médias occidentaux et asiatiques ne tarissent pas d’éloge pour son travail, à tel point que les musées et galeries se l’arrachent.

La photographe est passée par les plus grands musées et galeries de Chine, tels quele Art Paris ou Art Beijing et dans les principales succursales de Londres, Hongkong et New York.

Autoportrait de la photographe

Autoportrait de la photographe

Considérée comme un des talents les plus prometteurs de sa génération, elle a participé en 2008, à l’exposition « China Design » au Victoria and Albert Museum à Londres. Une de ses photos a d’ailleurs été choisie comme affiche de l’exposition.

Baignant dans le monde de l’art depuis sa plus jeune enfance, les membres de sa famille sont des artistes, qui à l’instar de cette dernière, « semble représenter toute la folie exponentielle de la Chine, une créativité avant-gardiste alliée à une technologie toujours plus pointue« , note SubYu Magazine.

Ses photographies sont reconnaissables par leurs netteté, et leur précision : « un lissé de la peau des mannequins, des maquillages hyper travaillés, une fraîcheur et une maîtrise de la technique 3D, font de son travail une création unique« . Ses clichés sont parfaits et authentiques, par leur style esthétique surréaliste, ne manquant absolument pas d’originalité.

Dans une interview accordée à Edmund Lee pour le Shenzhen Daily, elle explique son obsession pour le corps des femmes et son désir visuel de beauté. L’artiste a expliqué que son art ne reflétait pas forcément sa personnalité, car « je suis une personne très facile à vivre, alors que mes œuvres sont parfois assez extravagants, affichant une forte personnalité. Elles donnent une impression totalement opposée à ma propre personne ».

Originalité, esthétisme et perfection

 

Edmund Lee explique que son travail se situe entre le stylisme et  la post production numérique, tout en gardant une vraisemblance dans les images. Son sens de la « perfection irréaliste » imprègne son art, pouvant être caractérisé par « la vivacité des couleurs, ainsi que les carnations impeccablement polie et fantasmatique du maquillage des mannequins ».

Chen ManMode, luxe, art contemporain post-maoïste, Chen Man fait partie de cette jeunesse ouverte au monde. Elle débute sa carrière en 2003, alors qu’elle est encore étudiante aux Beaux Arts de Beijing. Elle se cherche et fini par trouver son style en faisant des couvertures de magasines, tout en conservant sa passion pour la peinture.

Certains experts de la photographie qualifie ses œuvres d’art surréaliste. De son côté, elle explique ne pas avoir conscience de cette classification, car « peut-être que je suis [influencée par elle], mais je n’ai pas prêté beaucoup d’attention. Je suis surtout préoccupée par ce qui m’entourent, notamment les chinois« .

Le high-tech, l’outil ultime

« Grandir dans les années 1980 et 90 a une grande influence« , sur les jeunes de sa génération. « Tout d’abord, notre génération est moins garantie par un niveau de vie élémentaire. C’est seulement après avoir pu atteindre ce niveau, que les gens vont penser à des choses comme l’art et la mode« , explique Chen Man.

« Nous avons connu le début de l’ère numérique, l’épanouissement de l’Internet », qui « nous permettent de rester instantanément en contact avec le reste du monde ». C’est cette évolution numérique, qui a fait naître une série de collection sur le rapport entre la femme et les nouvelles technologies.

Dans l’une de ses séries, datée de 2010 sur la protection de l’environnement, l’artiste contemple la place des déchets électroniques dans la société, à travers des fils d’ordinateur et des composants de téléphones portables sur les têtes de ses modèles nus. La photographe explique que le but est de « rassembler le message de protection de l’environnement à l’esprit à la mode ».

« Je veux montrer aux gens que ce qu’ils ont jeté peut également être transformé en quelque chose de beau », avait-elle expliqué. A la différence de la collection « Jeunes Pionniers » de 2009, son travail lui correspond plus. Il  évoque sa propre enfance. Une « fille chinoise typique » avec « ce que nous avons porté comme Jeunes Pionniers, [une organisation de jeunesse de masse sous le Parti communiste], quand nous étions enfants ».

Fan Bingbing ne se fait photographié que par Chen Man

Fan Bingbing ne se fait photographié que par Chen Man

La différence vestimentaire réside dans la transparence des vêtements, qui sont plus à la mode qu’à l’époque. En contraste, Chen Man a numériquement juxtaposés la fille avec respectivement des images représentant les trois points de repère de la Chine actuelle, la tour de la CCTV (China Central Télévision), la sonde lunaire Chang’e-1et le barrage des Trois Gorges.

Les œuvres de Chen Man offrent une interprétation différente selon l’angle de vue d’une photo, cette dernière explique qu’il existe une part sombre du cliché, qui se cache derrière leur apparence brillante.

« Nous sommes la génération après la réforme économique chinoise, le développement de la société est lisse, mais il amène également des nombreux problèmes qui ne sont pas très évidentes à l’extérieur », dit-elle. « J’ai l’habitude de l’utilisation des imageries très belle pour représenter la dangerosité et les problèmes cachés en dessous ».

Mais face à ces détracteurs, qui estiment que son travail s’apparente plus à du graphisme qu’à de la photographie, elle a adopté un style minimaliste, sans retouche. « Cette transition m’a permis de comprendre que je n’étais pas seulement douée pour les retouches« , explique la jeune femme au site Kering.

Dans son antre, le Studio 6 à Beijing, elle est devenue l’ambassadrice de la marque Qeelin, se prenant en photo dans la campagne Chen Man by Chen Man.  La jeune femme n’hésite pas à se prendre en photo, elle sera d’ailleurs  sur les couvertures des éditions chinoises de Harper’s Bazaar, L’Officiel et entre autre, FHM.

Site : www.chenmaner.com