lundi, juillet 22

Chine-Afrique: L’Abeille chez les Fourmis : Hommage au Professeur Yoro Diallo

Au Mali, sa terre d’origine, qui lui a donné cette chance de servir l’Afrique toute entière.

C’est chez l’impérissable fabuliste français Jean de La Fontaine que nous voyons, dans son célèbre fabliau La cigale et la fourmi, totalement tournée en dérision la cigale chanteuse et insouciante au temps du dur labeur, pendant que la fourmi est bravement présentée et exaltée comme une travailleuse consciencieuse qui pense à l’avenir. En empruntant cette histoire instructive au fabuliste, c’est à l’Abeille butineuse, extrêmement dévouée à son talent de productrice de miel et d’architecte de ruche, que nous voulons comparer ici le Professeur Yoro Diallo, dans la vocation qu’il s’est choisie, de tisser de fil d’or la coopération sino-africaine.

Ses états de service l’attestent : après 22 années professionnellement passées en qualité de diplomate du Mali, son pays, puis Premier conseiller à l’Ambassade du Mali à Pékin, un poste qui achève sa carrière de diplomate à l’étranger, il est devenu Chercheur principal à l’Institut des Études Africaines de Zhejiang Normal University, et actuel Directeur du Centre d’Études des Pays francophones d’Afrique dans cette institution. Depuis qu’il s’est ainsi établi en Chine, culturellement fasciné par la mythique civilisation de ce pays, ce haut intellectuel moderne africain s’est donné corps et âme à la mission de faire connaître un peu plus la Chine à l’Afrique.

Il s’évertue surtout à éclairer la lanterne de l’Afrique et l’esprit des Africains, sur le chemin de la grande coopération multisectorielle et globale gagnant-gagnant avec la Chine, pays-continent largement en avance sur notre temps, et réinventé spectaculairement dans la modernité par le génie du peuple de Chine depuis sa sortie des abysses de la misère du début du 20ème siècle.

En empruntant toujours l’histoire au fabuliste Jean de La Fontaine, disons que cette Chine est comparable à un peuple de fourmis laborieuses et consciencieuses qui avait tant travaillé en pensant à l’avenir : rien n’est paru au-dessus de leurs forces, et personne n’a entravé leur chemin.

Abeille intelligente en quête de savoirs et de connaissances chez ces Fourmis du labeur, le Professeur Yoro Diallo est en Chine, non pas pour le plaisir de la villégiature ni pour le simple tourisme d’agrément, dont raffolent tant nos dirigeants africains à loisir chez les autres peuples qui, au prix de mille et un sacrifices, se sont construits et ont réalisé des bastions d’acquis existentiels, mais pour apprendre davantage à faire travailler les méninges. Pas seulement les siennes, mais surtout aussi celles de l’Afrique, son continent, un continent encore à la recherche de sa voie de salut, et qu’il faut utilement connecter à la Grande Chine qui ne s’arrête pas de tant travailler.

C’est ce travail-là, tenu par la réflexion sur le savoir-être (culture, civilisation, histoire) et le savoir-faire (génie, créativité, inventivité) du peuple de Chine, que mène notre compatriote africain Yoro Diallo sur la terre de Chine. Ses contributions à ce travail de réflexion sont grandes et significatives, méritant ainsi d’être connues et reconnues en terre africaine. Il est donc l’Abeille utile à la recherche, qui fait cette connectivité intellectuelle entre la Chine, pays-continent méga-développé, et l’Afrique, continent voué à sa propre quête d’être et d’existence, et à ses angoisses existentielles.

Oui, le Professeur Yoro Diallo est du nombre restreint des Africains éclairés par la lumière des dieux de l’évolution en Chine. Il est de ceux-là qui, à force de professer la bonne voie à suivre – celle d’une Chine ayant été capable de briser son mythe humain de Sisyphe – ne veulent pas que l’Afrique passe à côté de son destin d’être coûte que coûte réinventée dès maintenant, pour les temps à venir.

Or, pour ses propres malheurs, l’Afrique guerroie encore contre elle-même, empêtrée dans ses sempiternelles turpitudes politiques, ressemblant ainsi à un colosse qui se bat contre lui-même, se met lui-même des chaînes, et qui s’enfonce progressivement dans du vase mouvant, alors que des Fils dignes, tels que le Professeur Yoro Diallo, robustes d’esprit, pétris d’intelligence, lui tendent le sabre d’Asie pour rompre ses chaînes, et lui montrent aussi le chemin salutaire de la libération intérieure, qu’a pris hier la Chine pour se construire un avenir connu aujourd’hui comme étant ce nouvel el Dorado flambant neuf, et qui attire convoitises et jalousies.

Mais cette Chine revient de loin. Avant d’être dans la gloire d’aujourd’hui, elle fut hier dans l’amertume. Presque comme l’Afrique, elle a eu ses traversées d’apocalypse et ses heures plus sombres qu’il ne l’était permis, la vouant aux incertitudes et à la déchéance. Son histoire millénaire fut parsemée de vicissitudes et décadences. Mais il lui a fallu se ressaisir et se remettre en cause pour se réinventer un mode vie unique en son genre au monde, qui a fait cette Chine glorieuse et fière, que nous voyons aujourd’hui rayonner non seulement chez elle, mais aussi sur la scène internationale.

Des intellectuels africains de grande envergure, comme le Professeur Yoro Diallo, dotés du flair de quête de Champollion, qui ont compris que là était la voie salutaire à suivre pour l’Afrique, n’ont de cesse de construire le pont intellectuel du savoir et de la connaissance, entre cette Chine des prouesses utilitaires, et l’Afrique des paresses jouissives, et sont à élever au panthéon des valeurs universelles.

Car oui, l’Afrique des réjouissances gratuites et des tragédies inutiles a besoin d’eux, et le Professeur Yoro Diallo qui est de ceux-là, le prouve très bien en Chine : esprit aiguisé et aguerri, surtout fécond – nous l’avons déjà dit, mais disons-le encore pour y insister – en contributions aux réflexions sur la nécessaire et indispensable réinvention globale de l’Afrique dans sa marche avec la Chine, le Professeur Yoro Diallo est l’un des artisans universitaires qui font connaître en Afrique l’initiative chinoise de « La Ceinture et la Route », si chère au président chinois Xi Jinping lui-même, inventeur de ce concept universel du développement en commun avec le reste du monde.

Pendant combien de temps encore, en effet, l’Afrique va-t-elle se livrer à son perpétuel recommencement du drame et de la tragédie du pouvoir politique, alors que la Chine qui a fini avec ces errements en 1949, et n’a économiquement décollé que dans les années 1980, est aujourd’hui à la pointe du développement mondial tous azimuts ? Pékin, Shanghai, Hong-Kong, Guangzhou, Macao, et même le Tibet et l’île chinoise de Taïwan, ces villes époustouflantes, étonnantes, rayonnantes, sublimes, parce que travaillées, embellies, développées, ressemblent-elles à nos pays-brûlots d’Afrique ?

Les peuples africains, comme celui de Chine, doivent, en fin de compte, connaître la vie économiquement heureuse, que pensent et créent en bon principe leurs dirigeants, et non vivre d’expédients et de charognes, avec la peur au ventre, la peur du lendemain hasardeux et presque vide, la peur de ne pas savoir ce qu’on leur réserve, et qui est déjà tant redouté par eux parce ce lendemain est chaotique.

Le Professeur Yoro Diallo, dans ce beau et bon rôle qu’il a, de montrer là où l’Afrique doit marcher, c’est-à-dire dans les pas de cette Chine moderne aux mégastructures et méga-infrastructures économiques, industrielles, commerciales, sociales, hydrauliques, aéronautiques, spatiales, nucléaires, etc., n’est-il pas ce grand intellectuel africain introduit, qui est à écouter religieusement et à l’envi, et dont la compagnie devrait être la plus recherchée en ce siècle par nos dirigeants africains actuels, lui qui, comme l’Abeille, butine en Chine pour l’Afrique, le savoir-être et le savoir-faire de ce grand et vaste pays de gloire mais aussi de dignité humaine et politique?

Sylvain TAKOUE,
Écrivain ivoirien,

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