Principal allié de la Chine en Asie du Sud-Est depuis 70 ans, le gouvernement chinois souhaitait assurer la victoire du Premier ministre sortant, Hun Sen.

Au lendemain des élections législatives au Cambodge, la Chine est restée très discrète, préférant attendre la proclamation officielle des résultats, prévue pour la mi-août. Son mouvement, le Parti du peuple cambodgien (PPC), revendique avoir remporté l’ensemble des 125 sièges à l’Assemblée nationale.

Pourtant, l’homme fort du Cambodge n’avait aucun concurrent sérieux en l’absence de la principale force d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), dissoute fin 2017.

En dépit de l’appel au boycott lancé par l’opposition avant le scrutin, «plus de 82% des Cambodgiens sont allés voter, cela montre qu’ils soutiennent le processus démocratique», a commenté Hun Sen, au pouvoir depuis 33 ans.

Ce dernier a pu compter sur l’implication de la Chine dans les élections, via un important prêt pour la construction d’une route périphérique à Phnom Penh. A cela s’joute à la présence de l’ambassadeur de Chine au Cambodge Xiong Bo à des meetings du parti au pouvoir.

Xiong Bo en a profité pour célébrer l’excellente diplomatie cambodgienne, et critiquer les attaques de l’Union européenne. Mais pour le fondateur du principal parti d’opposition au Cambodge, Sam Rainsy, les résultats de ces élections législatives controversées auront de graves conséquences pour l’économie du pays.

Avec ces «fausses élections», la crise va s’aggraver, en raison de l’isolement du Cambodge sur la scène internationale. «La Chine ne peut pas remplacer le reste du monde. Par exemple, pour les marchés, le Cambodge a besoin des marchés occidentaux pour pouvoir écouler ses produits, ses exportations, notamment le textile, les vêtements. Et la Chine n’achète rien du Cambodge, la Chine est un concurrent, elle vend les mêmes produits sur les marchés internationaux», a assuré ce dernier.

Les Etats-Unis envisagent d’infliger de nouvelles sanctions contre le gouvernement cambodgien, dont des restrictions de visas pour certains ministres. L’Union européenne menace de son côté de sanctions économiques depuis l’interdiction du PSNC.

Face aux réactions de l’Union européenne et des Etats-Unis, le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a mis en garde contre toute ingérence étrangère après les accusations de fraude de l’opposition et les critiques des pays occidentaux.

Pour la vice-présidente du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), ce scrutin annonce la «mort de la démocratie». Or dans un communiqué de presse, le ministère des affaires étrangères a estimé que les élections ont été la manifestation du «soutien» et de la «confiance» du peuple cambodgien envers le PCC.

«La Chine a toujours résolument soutenu les efforts du Cambodge pour protéger sa souveraineté, son indépendance et sa stabilité, et s’oppose à toute ingérence de pays étrangers dans les affaires intérieures cambodgiennes» a-t-il souligné.