La première visite de Narendra Modi en Chine est symbolique, particulièrement dans un contexte économique morose et des rapports diplomatiques tendus avec Pékin. Malgré les mésententes, les deux hommes veulent apaiser les tensions, afin de préserver et dynamiser le développement économique de la région.

Narendra Modi, Premier ministre indien et Xi Jinping, Président chinois.

Narendra Modi, Premier ministre indien et Xi Jinping, Président chinois.

Premier symbole de ce séjour, la visite de Narendra Modi à Xi’an (Shaanxi), où se trouve les statues en terre cuite du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. « Xi’an symbolise les échanges culturels entre les deux pays. Il est évident les deux dirigeants cherchent à approfondir leurs liens personnels et à mettre en évidence les liens culturels entre les deux civilisations en faisant de Xi’an la première étape », a expliqué au Quotidien du Peuple, Hu Shisheng, Directeur de l’Institut des études d’Asie du Sud, du Sud-est et océaniennes à l’Institut des relations internationales contemporaines de Chine.

Mais la province du Shaanxi représente surtout les terres d’origine du président chinois, Xi Jinping. « C’est la première fois que je reçois un dirigeant étranger dans ma ville d’origine et je vous souhaite un agréable séjour », a d’ailleurs déclaré Xi Jinping, à l’agence de presse Xinhua.

Pékin a souhaité accueillir un ami et non rival, raison pour laquelle, le Premier ministre indien s’est rendu à Xi’an, où les deux hommes ont affiché une entente  chaleureuse et un calme certain. D’ailleurs, Xi Jinping a tenu à rendre l’appareil à Narendra Modi qui l’avait reçu dans son État du Gujarat. Ce dernier s’est réjouit de cette invitation sur les réseaux sociaux : « Le président Xi m’a invité à visiter la ville d’origine de sa famille ».

Une ville, auparavant nommée Chang’an, cette cité se situait au début de l’ancienne Route de la soie, a indiqué Hu Shisheng, pour qui la visite est « une façon pour M. Modi d’approuver le projet chinois dit ‘Une ceinture, une route' ».

Avec près de 60,9 milliards d’euros d’échanges commerciaux entre les deux pays, la Chine est devenu l’un des principaux partenaires de l’Inde, en dépit d’un déficit commercial de plus de 33 milliards d’euros. Les deux géants asiatiques ont des défis communs, notamment celui de dynamiser leur économie ralentie par la crise économique et financière internationale.

Avant de quitter l’Inde, Narendra Modi avait souhaité un rapprochement économique entre les deux voisins, malgré les différends frontaliers qui continuent à les opposer. Une remarque confirmée par le Secrétaire d’État indien aux Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, qui a assuré à Xi’an, « les questions frontalières ont été discutées, dont la paix et la tranquillité à la frontière ».

Mais « nous comptons évoquer tout le spectre des relations bilatérales. Les questions ne seront pas seulement politiques, mais aussi économiques: le commerce, les investissements la coopération dans les projets d’infrastructure ».

D’après une source anonyme, citée par l’AFP, les deux hommes ont abordé le souhait de l’Inde de se joindre au Conseil de sécurité de l’ONU, une volonté soutenue officieusement par Pékin. Cette visite du Premier ministre indien, huit mois après celle du président chinois met en exergue une volonté d’apaisement entre les deux pays,

Ce climat détendu vise en priorité pour Narendra Modi à signer des contrats avec les chinois, afin de tenir sa promesse électorale qui est de créer des emplois et améliorer les infrastructures en Inde. Ce dernier souhaite également intégrer le marché chinois qui reste encore fermé pour de nombreux  produits indiens.