Deux mois avant le prochain Sommet sino-africain en Afrique du Sud, la ville de Yinchuan, dans la région autonome Hui du Ningxia, accueille le second Salon consacré à la Chine et aux États Arabes. Durant plusieurs jours, des milliers de fonctionnaires chinois et étrangers, exposants, acheteurs et investisseurs venus de Jordanie, d’Arabie saoudite, de Syrie, du Koweït et d’autres pays arabes ont pu échanger sur les perspectives économiques entre les deux parties.

« Cet événement, qui démontre des opportunités réelles d’investissement dans tous les domaines, est conçu comme une plateforme pour la coopération économique et financière ainsi que pour les échanges culturels entre les peuples« , a expliqué le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques, Mohammed al-Tuwaijri.

Différent de la Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-arabe, ce Salon vise à renforcer les liens encore fragiles entre les pays arabes et la Chine. Toutefois, dans le cadre du rétablissement de la nouvelle route de la soie, la Chine a besoin d’entretenir continuellement des liens avec ces pays, membre de la Ligue arabe.

Placé cette année sous le thème « Faire rayonner l’esprit de la Route de la soie et approfondir la coopération sino-arabe », le président Xi Jinping a tenu à apporter son soutien à ce salon, à travers un message dans lequel il assure que l’objectif de cette plate-forme est de « promouvoir les échanges et coopérations entre la Chine et les pays arabes« .

Restaurer le Route de la Soie

En juin 2014, Xi Jinping avait amorcé ses intentions lors de la 6ème conférence ministérielle du Forum de coopération sino-arabe à Beijing. A ce moment, il a rappelé que la Chine et le monde arabe étaient reliés par l’ancienne Route de la Soie. Il a également mit l’accent sur le fait qu’ils « sont de bons amis, des frères et des partenaires qui partagent le respect et la confiance mutuelle ».

Expo Chine-pays arabes 2015Cet appel aura été entendu, car la Ligue arabe a également évoqué, lors d’une interview en marge du salon, que les liens passés « remontent à l’ancienne Route de la Soie« . Mohammed al-Tuwaijri s’est dit « très heureux que les dirigeants chinois et arabes œuvrent à raviver cette route« , ajoutant qu’« il y a de nombreux projets que le président chinois a présentés récemment qui sont liés au fait de relancer la Route de la Soie ».

Globalement, l’ensemble des représentants arabes abondent vers cette nouvelle route de la soie. Mohammad Dawood, président de l’Association des propriétaires de camions de Jordanie, a expliqué que « la Ceinture économique de la route de la soie et la Route de la soie maritime du 21e siècle joueront un rôle principal pour faciliter le commerce, réduire les coûts et par conséquent augmenter les échanges commerciaux entre la Chine et les pays de la région ».

Pour ce dernier, il s’agit d’un « projet majeur qui raffermira assurément les liens entre la Chine et les États arabes. Les échanges commerciaux sont déjà énormes et seront renforcés encore davantage ».

Intensifier les investissements

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques a également assuré dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, que « les relations entre le monde arabe et la Chine sont historiques et profondément ancrées ».  

Cependant, les investissements entre les deux partenaires reste déséquilibrés, car la Chine a investit dans le monde arabe près de 2 milliards de dollars (1,13 milliards d’euros environ), contre 700 millions de dollars (près de 609 millions d’euros) de la part des pays arabes en Chine.

Ce déséquilibre s’explique « non pas parce que les deux parties n’ont pas le désir d’augmenter les investissements, mais parce que certains pays arabes ainsi que la Chine ont des lois qui n’encouragent pas l’investissement étranger« , a souligné Mohammed al-Tuwaijri.

Ce dernier souhaite une modification des lois en matière d’investissement afin d’attirer les investisseurs : « les lois pour l’investissement devraient être au cœur de la future réunion » du Forum de coopération Chine-États arabes (CASCF). Entre 2004 et 2014, le montant des échanges bilatéraux ont été multiplié par 20, passant de 25,5 milliards de dollars (22,44 milliards d’euros) en 2004 à 238,9 milliards de dollars (plus de 210,232 milliards d’euros) américains en 2013.

La Chine est désormais le second plus grand partenaire commercial du monde arabe, et le plus grand partenaire commercial de neuf pays arabes. Le gouvernement chinois prévoit dans les dix prochaines années, des échanges commerciaux de près de 600 milliards de dollars (522 milliards d’euros).

Diversifier les secteurs de coopération

Plusieurs secteurs d’activité sont le sujet d’accord de coopération entre la Chine et certains pays arabes. Parmi eux, les technologies et l’innovation, mais le ministre des Sciences et des Technologies, Wan Gang, a mit en avant les domaines dans lesquels les échanges devraient rapidement s’accroître tels que l’agriculture, l’énergie, les transports, l’information, l’environnement, la santé et la navigation par satellite.

Wan Gang a indiqué que tout sera mit en œuvre pour « encourager la coopération technologique en créant conjointement des laboratoires, en invitant davantage de jeunes scientifiques arabes à travailler en Chine et en créant des centres de transfert technologique ». Il est clair pour ce dernier que « la Chine et les États arabes sont des pays en voie de développement et se trouvent à un moment clé pour la transformation et la modernisation industrielles ».

D’ailleurs, l’an dernier la réunion du CASCF à Riyad, en Arabie saoudite, avait été aboutit à la signature d’un accord pour l’usage pacifique de l’énergie nucléaire. Selon cet accord, la Chine devait installer des entreprises dans le monde arabe, tout en promettant des transferts de technologie et des investissements dans des projets électriques.

Raison pour lesquelles, la Route de la Soie est un enjeu majeur pour les pays arabes, qui voient là l’occasion de stimuler leurs économies, tout en renforçant la coopération économique entre le monde arabe et la Chine. Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques, Mohammed al-Tuwaijri a estimé que « les réseaux arabes par route et par voie ferrée contribueront également à réaliser cette initiative et à transporter le commerce de la Chine vers l’Europe et l’Afrique ».