mercredi, juin 19

La Chine vers une crise financière pour la BRI

Depuis plusieurs mois, le Fonds Monétaire Internationale tente d’alerter le gouvernement de la croissance de la dette et de la nécessité d’agir rapidement pour l’endiguer. Ce lundi, un rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI), basée à Bâle (Suisse), a évoqué la possibilité d’une explosion de la dette du pays.

« La dette de la Chine risque d’exploser« , s’est alarmée la banque centrale des banques centrales. Cette dernière a indiqué dans son rapport que « l’accroissement de la dette chinoise pourrait s’accélérer« , car la « différence entre le ratio crédit/PIB de la Chine et sa tendance à long terme » a atteint 30,1% au 1er trimestre 2016. Un taux record, qui inquiètent les économistes, car « au delà de 10%, la BRI considère déjà qu’un pays fait face à un risque bancaire« , précise l’Agence France Presse.

La BRI prévoit une possible « crise financière en Chine lors des trois prochaines années ». Globalement, la dette s’élève à 249% du produit intérieur brut (PIB), soit 168’480 milliards de yuans (22’000 milliards d’euros) à la fin 2015. Parmi cette dette, 40% ne concerne que la dette publique, tandis que celle des ménages est également d’environ 40%.

La 2nde puissance économique mondiale fait face à des défis économiques majeurs, afin de transformer son économique centrée sur l’industrie lourde, en un modèle basé sur les services et la consommation.

Pour permettre cette transition, le gouvernement a depuis 2014 facilité l’accès au crédit, afin de relancer la  croissance, créant des risques, qui pourraient s’aggraver, suite aux défauts de paiement sur des prêts bancaires ou des obligations d’entreprises non honorées.

Selon la BRI, ses indicateurs sont destinés à cerner « la surchauffe financière et les potentielles difficultés financières » à moyen terme, et à souligner qu’une croissance rapide du crédit peut « semer les germes » de futures crises.

En mai, le service de la Banque populaire de Chine (BPC) chargé de la stabilité financière est en train de vérifier si des prêts non performants ont été rangés dans d’autres catégories pour ne pas être comptabilisés comme créances douteuses, précise la banque centrale dans une note interne.

En effet, face au ralentissement économique du pays, certaines banques sont tentées de dissimuler leurs créances douteuses afin de minimiser l’état réel de leur bilan. D’autant plus que les créances douteuses ont augmenté depuis 18 trimestres consécutifs pour se chiffrer à 1’400 milliards de yuans (189,6 milliards d’euros) à la fin mars 2016. Un record depuis 11 ans, représentant 1,75% du total des encours de crédits bancaires, selon des données publiées par la BPC.

Deux mois plus tard, les quatre plus grandes banques commerciales ont toutes fait état d’une hausse sensible des créances douteuses à leur bilan au 1er semestre. ICBC (Industrial and Commercial Bank of China), la plus grande banque mondiale en terme d’actifs, a vu son ratio de prêts non performants, c’est-à-dire avec une forte probabilité de non remboursement, grimper à 1,55% fin juin, contre 1,50% fin 2015.

Pareillement, les trois autres géants du secteur bancaire ont également dévoilé un gonflement de leurs créances douteuses. Bank of China a indiqué avoir enregistré fin juin un ratio de créances douteuses de 1,47%, contre 1,43% en décembre dernier. De même, la China Construction Bank et Agricultural Bank of China avaient respectivement fait état de ratios de 1,63% et 2,40% à la fin du 1er semestre.

Dans une étude publiée ce mois-ci, CLSA a indiqué que les créances douteuses pourraient représenter en fait 15 à 19% des prêts bancaires. Cependant, les analystes estiment que le niveau élevé de réserves de devises étrangères et le contrôle gouvernemental sur le système bancaire devraient protéger l’économie d’une crise financière.

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