Né le 5 mars 1898 à Huai’an, Jiangsu, en Chine, et décédé le 8 janvier 1976 à Beijing, en Chine.

Zhou Enlai était ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine (1949-1958), Premier ministre de la République populaire de Chine (1e octobre 1949-8 janvier 1976), Président de la Conférence consultative politique du peuple chinois (décembre 1954-8 janvier 1976)

Il a joué un rôle unique dans la construction de la Chine moderne. Proche de Mao Zedong, il aura été le témoin de l’évolution de la Chine impériale à la République populaire de Chine, et aux turpitudes de l’histoire interne et externe de l’Empire du milieu.

Le décès de Zhou Enlai provoque des mouvements populaires qui accentuent les luttes entre les deux factions du Parti communiste chinois (PCC). Premier ministre chinois depuis 1949, le défunt était un allié de Mao Zedong sur plusieurs points.

Suite à l’annonce de la mort de Zhou Enlai due à un cancer de la vessie, la population porte spontanément des couronnes et des fleurs blanches au Monument aux Héros du peuple, sur la place Tian’anmen. Un million de personnes se rassemblent pour voir le cortège emporté son corps dans sa province natale.

Lors des funérailles au Palais de l’Assemblée du peuple, Deng Xiaoping prononce un éloge. Les semaines qui suivent le décès de Zhou Enlai donnent lieu à un affrontement entre les deux factions présentes dans le parti : les ultra-gauchistes et les modérés.

Dans un texte du 27 mars 1976 paru à la une d’un journal de Shanghai, les «ultra-gauchistes», hostiles à Zhou Enlai et à Deng Xiaoping, tentent de minimiser la mémoire et l’oeuvre de Zhou Enlai, et le qualifiant de « capitaliste infiltré dans le Parti [qui] voulait aider l’impénitent capitaliste [Deng] à regagner son pouvoir ».

La publication de cette attaque de ces ultra-gauchistes va provoquer la colère de la population, et des manifestations dans plusieurs villes du pays. D’ailleurs, durant la Qing Ming, Fête des morts, près de deux millions de personnes ont honoré sa mémoire à Pékin.

Zhou Enlai reste l’homme politique le plus apprécié des chinois, car il est devenu le représentant de la modération et de la justice dans la culture populaire chinoise.

Or la faction gauchiste, dominante au Bureau politique, interdit les rassemblements et réprime les manifestants en procédant à une centaine d’arrestations. Bien que cette épreuve de force soit marquée dans l’immédiat par une défaite de Deng Xiaoping, qui sera tenu responsable de cet incident «contre-révolutionnaire», elle est souvent considérée comme le début de la fin pour les «ultra-gauchistes», défenseurs de l’héritage de la révolution culturelle.

La ville de Tianjin a ouvert un musée en hommage à Zhou Enlai et sa femme. Tandis que la ville de Nankin a édifié un mémorial sur les négociations de 1948 entre les communistes et le gouvernement nationaliste, qui contient une statue en bronze de Zhou Enlai. Des timbres célébrant le premier anniversaire de son décès ont été émise en 1977, ainsi qu’une autre série en 1998 à l’occasion de son centième anniversaire.