Les autorités prévoient de maintenir cette année un objectif de déficit budgétaire de 3%, afin de réduire la dette et dynamiser les réformes engagées

Le pays a enregistré pour l’année 2016 un déficit budgétaire de 2’830 milliards de yuans (385 mds €), supérieur à l’objectif du gouvernement qui était de 2’180 milliards (283,4 mds €), selon les calculs de Reuters se basant sur les données du ministère des Finances. Les dépenses budgétaires ont augmenté de 6,4% en 2016 et les recettes de 4,5%, selon le ministère.

Après avoir soutenu l’activité économique l’an dernier, le gouvernement espère une reprise des investissement privé, par le biais des partenariats public-privé (PPP). D’ailleurs le 16 janvier, le gouvernement a annoncé la multiplication des PPP dans les pays participant à l’initiative « la Ceinture et la Route », afin de faciliter l’avancement des projets en élargissant les canaux de financement pour les entreprises.

De ce fait, « la politique budgétaire est claire. Il est nécessaire de maintenir le ratio de déficit de 3% de l’an dernier, même s’il existe une marge pour l’augmenter légèrement« , a indiqué un conseiller en politique économique, à l’agence de presse, Reuters.

D’après le ministère des finances le déficit réel de 2016 s’est situé à 3,8% du PIB, mais les règles budgétaires permettent l’utilisation de crédits non dépensés sur les exercices précédents et de recourir à un fonds de stabilisation budgétaire pour ajuster le déficit et le rapprocher de l’objectif.

L’économie chinoise a connu une hausse de 6,7% en glissement annuel en 2016, soit son rythme de croissance le plus lent depuis 1990, selon les chiffres officiels. Ce taux reste néanmoins dans la fourchette cible de 6,5% à 7% établie par le gouvernement pour l’ensemble de l’année.

Pour cette année, un ralentissement est prévu pour tomber à 6,5%, contre 6,7% prévu, d’après l’Académie chinoise des sciences sociales. L’institut a expliqué que le ralentissement de la croissance des importations et des exportations, même si la consommation progresse ne devraient pas peser davantage.

En effet, l’académie prévoit une affaiblissement du yuan de 3% à 5% par rapport au dollar, ce qui pourrait tout de même continuer la fuite des capitaux.

Pour Beijing, le défi est d’encourager l’investissement tout en évitant de favoriser des opérations purement spéculatives, dans l’immobilier notamment, ni soutenir les « entreprises zombies ».

D’après les analystes de la banque UBS, citées par Reuters, ratio dette/PIB pourrait dépasser 300% dans les deux ans à venir, après 277% en 2016 et 254% en 2015.