Le 18e Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a débuté ce lundi 24 octobre à Beijing pour sa 6ème session plénière, afin de débattre de « la gouvernance stricte du Parti et de documents sur la supervision et la vie politique à l’intérieur du Parti ».

Ainsi du 24 au 27 octobre, les 400 délégués étudieront la question de la stricte gouvernance complète du parti, élaboreront les règles de la vie politique au sein du parti dans une nouvelle situation, et réviseront les règlements expérimentaux de surveillance au sein du PCC, selon les médias.

InstitutionsD’après Dmitry Novikov, député de la Douma d’État (chambre basse du Parlement de la Russie) et membre du Comité central du Parti communiste russe, « depuis le 18ème Congrès national du PCC, les actions anti-corruption du Parti et des organes d’État chinois sont devenues de plus en plus fermes et fructueuses ».

Raison pour lesquelles, « raffermir la position dirigeante du Parti dans l’État, avancer sans faiblir le long du chemin choisi, ce sont les garanties du succès pour la Chine. La Chine obtiendra une réussite énorme dans la construction du socialisme avec des caractéristiques chinois » a indiqué ce politicien à Radio Chine Internationale.

Pour certains médias occidentaux, cette 6ème session pose déjà la question de la succession du secrétaire général, Xi Jinping, qui s’accrocherait au pouvoir. Radio France Internationale a indiqué que cette réunion permettra à l’actuel président de savoir si il est influent dans le parti et surtout s’il est parvenu à maintenir ses troupes.

Xi Jinping, l’homme fort de la Chine

Eric Meyer, éditeur de la newsletter hebdomadaire Le vent de la Chine, a expliqué à RFI que « Xi Jinping admire beaucoup Mao. Pendant 25 ans, sous Deng Xiaoping, le PCC a été paralysé du fait de l’obligation de consensus et de l’interdiction d’un homme fort. Xi Jinping compte être cet homme fort pour faire bouger les choses et pour briser le glacier des privilèges en place ».

Dès qu’il a pris la tête du Parti communiste en novembre 2012 et la présidence en mars 2013, Xi Jinping a consolidé sa position, dans le parti, dans la police, dans l’armée, avec sa grande réforme, et dans la société civile, en recentrant les médias et les universités sur le socialisme à la chinoise et en séduisant la population avec sa campagne de lutte anti-corruption.

Plus d’un million de membres du PCC ont été sanctionnés pour corruption depuis 2012, selon la commission centrale de discipline. « A un an du congrès, Xi Jinping veut montrer que la campagne anti-corruption va non seulement se poursuivre mais s’institutionnaliser avec des règles beaucoup plus strictes », a expliqué à Les Echos, Jean-Pierre Cabestan, professeur à l’Université baptiste de Hong Kong.

 Une campagne anti-corruption qui passe mal

Xi Jinping a appelé les médias à "suivre la direction du PCC et à se concentrer sur des reportages positifs".

Xi Jinping a appelé les médias à « suivre la direction du PCC et à se concentrer sur des reportages positifs ».

Bien qu’elle plaise à l’opinion publique, cette campagne est, selon Nicolas Bequelin, directeur pour l’Asie de l’Est auprès de l’ONG Amnesty International, un moyen pour Xi Jinping de se débarrasser de ses rivaux et de museler toute opposition interne. « Il y a un effet de peur et d’intimidation avec cette campagne qui est extrêmement teintée d’opportunisme politique […], et donc, tout le monde attend de voir dans quel sens le vent tourne. Il s’agit surtout de ne pas faire d’erreurs » a expliqué ce dernier à RFI.

Cependant, « il y a des résistances en province mais aussi au sommet du parti, d’où cette insistance sur la discipline politique à l’occasion de ce plénum« , a assuré Jean-Pierre Cabestan. Car « Xi Jinping s’est attaqué aux privilèges de ses rivaux. Aujourd’hui, il est isolé et impopulaire parmi les siens. Mais comme ils sont corrompus, il les tient à la gorge« , a indiqué de son côté, l’historien indépendant Zhang Lifan.

Or pour pouvoir conserver le pouvoir, Xi Jinping pourrait faire abroger l’obligation pour les membres du comité permanent de prendre leur retraite à l’âge de 68 ans. Un âge atteint par son bras droit, Wang Qishan, chef de la lutte anti-corruption. Pour de nombreux observateurs, cette entorse à l’âge de la retraite est le symbole des ambitions de Xi Jinping, qui est censé quitter ses fonctions en 2022. Mais certains estiment qu’il convoite un troisième mandat.

Mais avant de parvenir à l’abrogation de l’âge de la retraite, il a instauré plusieurs mesures comme l’interdiction de formuler des « critiques infondées. Une seule personne au sein du parti, à savoir Xi Jinping, a le droit de définir quelles sont les règles politiques », a indiqué à L’Agence France Presse, Willy Lam, de l’Université chinoise de Hongkong. Pour ce dernier Xi Jinping « est très ambitieux dans sa prise en mains du pouvoir ».