Le fonds chinois Jin Jiang ne va pas intégrer le conseil d’administration d’AccorHotels pour le moment, car il est « en discussion » avec le groupe européen. Ce dernier tente de trouver « un équilibre des forces et de gouvernance » face au groupe chinois, Jin Jiang.

JinjianghotelsLe fonds shanghaïen détient 15,06% du capital d’AccorHotels, et a décidé de ne pas demander dans l’immédiat une place au conseil d’administration, bien qu’il aurait pu en avoir une lors d’assemblée extraordinaire du 12 juillet consacrée au rachat du groupe de luxe FRHI et à une augmentation de capital.

« Les discussions continuent (…) Elle sont très calmes et il n’y a pas de craintes« , a déclaré ce mardi Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels à l’agence Reuters. Ce dernier a indiqué que « nous n’avons pas encore trouvé la solution (…) pour avancer ensemble, avec confiance et transparence« , sans préciser la nature des discussions en cours.

Numéro 7 mondial, Jin Jiang est déjà propriétaire en Europe de Louvre Hotel Group (Campanile, Kyriad, Golden Tulip…). Depuis le début de l’année, Jin Jinag est au capital d’AccorHotels, 5% fin janvier, 10% fin février et enfin 15% fin mai. Aujourd’hui, le groupe chinois est à 12,6% en raison de l’augmentation de capital, restant tout de même le 1er actionnaire du groupe français.

Chen Liming, vice-président de Jin Jiang, a confirmé que son groupe « est en discussion » avec AccorHotels. Les discussions dures car Jin Jiang n’est pas seulement un fonds, mais également un opérateur hôtelier en Chine et en Europe.

Sébastien Bazin a reconnu que les discussions entamées n’ont pas permis de « trouver encore la bonne solution pour avancer encore plus fort ensemble« , mais elles se déroulent dans « une grande confiance, une grande écoute et une grande transparence« .

accorhotels« On a des discussions très calmes, très pesées, qui ne sont pas anxiogènes (…). On s’écoute, on doit juste prendre en considération le fait qu’ils sont un opérateur hôtelier puissant et que je le suis également et que nous sommes (en concurrence, NDLR) sur les marchés chinois et européens« , a poursuivi le PDG d’AccorHotels, auprès de l’Agence France Presse.

Il a assuré aux actionnaires que « plus le groupe AccorHotels sera entre les mains d’actionnaires puissants, plus ces actionnaires seront internationaux, plus ils aideront ce groupe à passer les étapes difficiles dans un monde en pleine évolution« .

Le groupe Jin Jiang « mérite mon respect et ils l’ont, c’est un des plus gros acteurs mondiaux hôteliers avec des ambitions légitimes, intelligentes. Ils ont choisi d’investir dans le groupe AccorHotels car ils pensent qu’il a une stratégie cohérente (…)« , a souligné le dirigeant français.

De son côté, Chen Liming, vice-président de Jin Jiang a assuré à l’AMF, gendarme de la Bourse, que le fonds n’avait pas l’intention de prendre le contrôle d’AccorHotels. En effet, le géant hôtelier chinois a approché les fonds Eurazeo et Colony Capital pour leur racheter leurs parts (10,1% de concert), provoquant l’inquiétude des pouvoirs publics français, qui craignent de voir un nouveau fleuron français menacé de passer sous pavillon étranger.

Cependant si une cession des parts d’Eurazeo et Colony devait intervenir, « ce choix serait partagé par le conseil d’administration », a tenté de rassurer Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels.