Dans une interview accordée à l’Agence France Presse, Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA), a minimisé l’impact de la dette de son pays à la Chine.

Djibouti accueille la seule base militaire chinoise à l’étranger. Cette dernière est situé le long de la route maritime permettant à la Chine de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien. Cette route maritime entre dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie, connu sous le nom de « One belt, one Road » (« La ceinture et la route »). Or via cette initiative, la Chine a octroyé d »importants prêts à Djibouti, afin d’améliorer ses infrastructures et faciliter le commerce. Mais plusieurs experts s’inquiètent de ce schéma de coopération.

Les prêts chinois, même à taux zéro sont si élevés que certains pays africains n’ont pas la capacité à rembourser leur dette à la Chine. Le Fonds monétaire international a fait part de ses craintes, vis-à-vis de la hausse de la dette publique de Djibouti.  Celle-ci est passée de 50% du PIB en 2014 à 85% en 2017. D’après les données du Think-Tank China Africa Research Initiative, la dette de Djibouti envers la Chine s’établit à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros).

Interrogé par l’AFP, Aboubaker Omar Hadi, a balayé ces inquiétudes, se disant confiant que les profits tirés des ports et de la nouvelle ligne de chemin de fer permettront de couvrir la dette. « Nous ne sommes pas du tout inquiets de notre niveau d’endettement. Ce ne sont pas les contribuables qui paieront la dette, ce sont ceux qui utilisent les services: les navires, les commerçants » a indiqué ce dernier.

Les autorités comptent sur la construction des nouvelles infrastructures pour booster l’économie du pays. Parmi ces infrastructures, la plus grande zone franche sur le continent africain. Inaugurée le 5 juillet lors d’une cérémonie dans la capitale, Djibouti-ville, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh s’est félicité de la mise en place d’un « projet phare » allant « dans le sens du renforcement de la place de Djibouti dans le commerce et les échanges internationaux ».

Le gouvernement dijboutien est l’actionnaire majoritaire de la zone franche, aux côtés de trois groupes chinois: China Merchants Group, Dalian Port Corporation et IZP Technologies.  Situé  entre l’océan Indien et canal de Suez, Djibouti a inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l’Éthiopie.  L’objectif des autorités est de devenir la plateforme commerciale de la région, notamment pour la Chine. Selon le président Ismaël Omar Guelleh, cette zone franche devrait augmenter le PIB de 11%.