L’ancien chef du gouvernement de Hong Kong (2005-2012), Donald Tsang, a été mis en examen, le 5 octobre, pour faute dans l’exercice de ses fonctions. Ce dernier aurait accepté de luxueux cadeaux venant de milliardaires, suscitant la colère des hongkongais.

Donald Tsang, 70 ans, a commencé sa carrière dans la fonction publique en 1967, occupant divers postes dans la finance et le commerce. Il est le premier chinois de Hong Kong, placé sous administration britannique, a être nommé Ministre des Finance en 1995.

Il conserve son poste, après la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, il est ensuite nommé Secrétaire général de l’administration après la démission de Anson Chan. Donald Tsang a souvent été félicité pour sa politique économique instaurée durant ses différents mandats.

Il est d’ailleurs fait Chevalier commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (KBE) en 1997 et il reçoit la Médaille du Grand Bauhinia remise par le gouvernement de la RAS de Hong Kong en 2002.

Devenu chef de l’exécutif de Hong Kong en 2005, la roue tourne. Il est vivement critiqué pour sa mauvaise gestion des crises alimentaire et politique. En effet, avec ses relations amicales ou haineuses, comme il les décrit, ont suscité le mécontentement des militants pro-démocratie et du grand public.

Ensuite, sa proposition de réforme électorale visant au suffrage universel a été qualifiée d’anti-démocratique par les pro-démocrates. Tout comme sa volonté de mettre en place une imposition plus solide et durable, qui a été rejetée par la population, mais imposé. De même l’abandon de la politique de « non-intervention positive« , un des piliers de la politique économique depuis le début des années 1980, a suscité des réactions.

Donald Tsang a la caractéristique de toujours porté des nœuds papillon colorés

Donald Tsang a la caractéristique de toujours porter des nœuds papillon colorés

A la fin de son mandat, il faisait l’objet d’une enquête de l’ICAC, la Commission indépendante de lutte contre la corruption à Hong Kong, redevenu territoire chinois en 1997. Ce dernier était également l’une des raisons des manifestations à Hong Kong, débutées en mars 2013, soit trois semaines avant les élections du nouveau chef de l’exécutif à la tête de Hong Kong,

Des milliers de protestataires réclamaient sa démission, après avoir découvert qu’il prenait le thé à bord d’un yacht de milliardaire à Macao et louer son futur appartement de retraite à Shenzhen à un autre milliardaire.

La proximité entre Donald Tsang et les milliardaires avaient suscité de vives réactions de la part des hongkongais, dont le seuil de tolérance à l’égard d’un système de plus en plus inégalitaire a désormais atteint ses limites.

D’ailleurs en 2012, il avait reconnu avoir accepté des cadeaux de la part de divers milliardaires, sous la forme de voyages à bord de yachts et de jets privés de luxe,. Mais il avait assuré qu’il n’y avait aucun conflit d’intérêts.

Selon l’ICAC, Donald Tsnag a comparu devant un tribunal de Hong Kong pour deux chefs d’accusations pendant l’exercice de ses fonctions. Il n’avait pas révélé son projet de louer un luxueux appartement à Shenzhen, qui s’est avéré être la propriété d’un gros investisseur d’un groupe de radiodiffusion. Ce groupe cherchait d’ailleurs à obtenir une licence de la part du gouvernement hongkongais.

L’ICAC lui reproche également de ne pas avoir rendu public le fait que l’architecte qu’il voulait honorer d’un titre était en fait celui qui avait redécorer l’intérieur de son futur appartement.

Libéré sous caution de 100.000 HKD, soit 11.500 euros, une nouvelle audience a été fixée au 13 novembre. Ce procès, s’il a lieu, fera de lui le premier responsable le plus haut placé jamais jugé dans une affaire de corruption à Hong Kong.

Dans un communiqué adressé au South China Morning Post, Donald Tsang a assuré avoir « la conscience tranquille ». « Je suis certain que le tribunal m’exonérera de toute faute », a-t-il indiqué.