La diffusion d’un discours du président du Conseil européen Charles Michel, prévue en inauguration d’une foire commerciale à Shanghai, a été annulée car Pékin souhaitait le censurer en partie, ont affirmé plusieurs diplomates européens à l’Agence France Presse.

La vidéo pré-enregistrée du discours devait être diffusée à l’inauguration, le 4 novembre, de ce salon international. Cependant, le porte-parole de Charles Michel, ainsi que trois diplomates européens en poste à Pékin, ont confirmé qu’elle ne l’avait pas été.

«Les Chinois souhaitaient censurer une partie du discours de Charles Michel. Bruxelles a préféré annuler la diffusion du discours dans son intégralité», a déclaré à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat.

Un autre diplomate a précisé que les autorités chinoises voulaient censurer dans le discours toutes les références à la crise en Ukraine. Un sujet sensible en Chine, qui se veut officiellement neutre mais reste un allié stratégique de poids de la Russie.

Interrogé lors d’un point de presse régulier, Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a dit ne pas être au courant de cet épisode survenu au cours de la Foire internationale des importations de Chine (CIIE).

«Le président Michel a été invité à s’exprimer à la Foire de Shanghai. Comme demandé par les autorités chinoises, nous avions en effet fourni un message pré-enregistré, qui finalement n’a pas été diffusé», a indiqué à l’AFP à Bruxelles le porte-parole de Charles Michel, Barend Leyts. «Nous avons fait remonter cela à travers les canaux diplomatiques habituels», a-t-il ajouté.

Les relations entre la Chine et l’Union européenne se sont détériorées depuis l’instauration de sanctions, des deux côtés, concernant les accusations de violations de droits de l’homme dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest).

La Chine avait ensuite décrété un embargo commercial sur tous les produits en provenance de Lituanie, en réaction au rapprochement entre Vilnius et Taïwan, île considérée par la Chine comme faisant partie de son territoire.

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février, les dirigeants européens ont appelé Pékin à condamner publiquement les actions de la Russie, sans succès jusqu’à présent. L’Union européenne considère la Chine comme un «partenaire, concurrent économique et rival systémique», selon la formulation adoptée en 2019.

Mais les liens commerciaux restent forts entre la Chine et l’Union européenne. L’exemple de Allemagne prouve la volonté de certains dirigeants de conserver des relations avec Pékin. Ainsi, le chancelier a été la semaine dernière le premier dirigeant du G7 à se rendre en Chine depuis le début de la pandémie.

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Charles Michel participera la semaine prochaine au sommet du G20 à Bali, aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président chinois Xi Jinping.

Légende Image : Le président chinois Xi JInping et Charles Michel