Le 17 septembre, la Banque populaire de Chine (banque centrale) a injecté 90 milliards de yuans, soit environ 11,8 milliards d’euros, dans le système financier d’Evergrande.

La banque tente ainsi d’apaiser la nervosité entourant Evergrande, le groupe immobilier chinois qui risque de s’effondrer en raison d’une dette trop importante. Il s’agit d’une injection de liquidités à court terme par la Banque populaire de Chine, dont le  montant est le plus élevé depuis février.

Outre calmer les esprits, la banque centrale souhaite éviter une crise de liquidité, selon les analystes. La crise autour d’Evergrande inquiète de plus en plus en Chine. Le groupe immobilier est accablé par une dette de près de 260 milliards d’euros. Mi-septembre, Evergrande a prévenu qu’elle pourrait ne plus être en mesure de faire face à ses obligations financières.

Evergrande est l’un des plus grands groupes privés de Chine, qui a financé sa croissance ces dernières années en s’endettant massivement. Le groupe affiche une dette record de 1 966 milliards de yuans, soit environ 260 milliards d’euros.

Le groupe immobilier est l’un employeur les plus importants de Chine, actif dans 280 villes chinoises, représentant 200 000 emplois directs et environ 3,8 millions d’emplois indirects.

Evergrande est également actif dans le développement de voitures électriques, l’embouteillage d’eau minérale, les services financiers, les parcs d’attractions, etc. Enfin, le groupe possède également un club de football : le Guangzhou FC, où l’Italien Fabio Cannavaro est entraîneur.

La faillite d’Evergrande risque donc d’avoir des conséquences très graves pour l’ensemble de l’économie chinoise et au-delà. En effet, Evergrande a emprunté de l’argent à des institutions financières internationales pour ses projets immobiliers du groupe.

De plus, les acheteurs de maisons et les investisseurs sont également très inquiets. A tel point, que plusieurs d’entre eux ont manifesté devant le siège d’Evergrande à Shenzen. De plus, la faillite d’Evergrande pourrait entraîner dans sa chute les fournisseurs et les sous-traitants.

Xu Jiayin, patron d’Evergrande

Vent de panique à la Bourse de Hong Kong. Le 20 septembre, le cours de l’indice Hang Seng a chuté de 3,3%, entraîné par la dégringolade de l’action du promoteur immobilier chinois au bord de la faillite Evergrande (jusqu’à 17% en séance).

Ce 21 septembre matin, à l’ouverture, la Bourse de Tokyo a ouvert en forte baisse, l’indice vedette Nikkei lâchant 1,94% tandis que l’indice Topix chutait de 1,93%. La situation critique de ce géant attise la nervosité des investisseurs et ravive le spectre d’un «moment Lehman Brothers» pour la Chine. D’autant plus que depuis début 2021, l’action Evergrande a perdu plus de 75% de sa valeur.

Malgré la conjoncture, le président d’Evergrande, deuxième promoteur immobilier chinois, a affirmé à son personnel que son groupe « sortirait bientôt de sa période la plus sombre », bien que la principale agence de notation financière, Standard & Poor’s, a dégradé sa note financière, la considérant désormais « spéculatives ».

Une nouvelle dégradation de sa note par l’agence de notation chinoise China Chengxin International, avait achevé de réduire la marge de manœuvre d’Evergrande, qui ne peut plus utiliser ses titres obligataires pour se refinancer. L’agence Bloomberg affirme que des créanciers auraient demandé le « remboursement immédiat » de leurs créances.

Le PDG d’Evergrande Xu Jiayin tente donc de rassurer, dans une lettre adressée au personnel, à l’occasion de la fête de la mi-automne, celui qui a fondé le groupe en 1996, a écrit « avoir la ferme conviction qu’Evergrande sera bientôt en mesure de sortir de sa période la plus sombre », a rapporté un quotidien économique de référence, le Securities Times.

Il a assuré que les chantiers reprendront complètement pour garantir la livraison des bâtiments et qu’il « apportera une réponse aux acheteurs, aux investisseurs, aux partenaires et institutions financières ».