La municipalité de Beijing a décidé dans le cadre d’un plan de restructuration économique et environnemental, de délocaliser toute son industrie lourde vers une nouvelle zone de développement économique.

D’après le communiqué du Comité central du PCC, Beijing compte fermer environ un millier d’usines d’ici à 2020 pour lutter contre la pollution et favoriser le développement économique d’autres régions.

Un millier d’usine fermée d’ici 2020

L’objectif est de privilégier les industries high-tech et de fermer les usines dites «ordinaires». Le pouvoir local a rejeté les dossiers d’ouverture d’usine de 19.500 entreprises, et 2.465 usines ont été fermé ou déplacé.

Le gouvernement a adopté en 2014 un plan visant à améliorer la coordination entre les différentes autorités locales des régions de Pékin, Tianjin et Hebei, afin de délocaliser toute l’industrie lourde de la capitale vers la nouvelle zone de développement économique de Xiongan (Hebei).

Le président Xi Jinping souhaite faire de la capitale une ville de «classe mondiale, harmonieuse et où il fait bon vivre». Pour cela, des quartiers entiers sont rasés et des dizaines de milliers de travailleurs sont poussés à se loger ailleurs.

Beijing compte 22 millions d’habitants. Les autorités tentent depuis plusieurs années de freiner sa croissance démographique et de réduire sa pollution de l’air, de plus en plus oppressante.

Depuis le début de cette année 2018, 500 entreprises manufacturières et 176 marchés et centres logistiques seront fermées dans la capitale, avait annoncé en janvier Liu Bozheng, le directeur adjoint du bureau de Pékin chargé de superviser l’intégration de la région Pékin-Tianjin-Hebei. Ce dernier avait d’ailleurs annoncé que plusieurs universités et hôpitaux seront aussi transférés dans des zones périurbaines.

Baisse de la pollution dans tout le pays

Une étude publiée début juillet 2018 par la revue «Nature Geoscience» affirme que le pays aurait déjà atteint les prévisions de baisse de CO², avec douze ans d’avance sur les prévisions. Dans le cadre de l’accord de Paris de 2015, le pays s’était engagé à atteindre un pic d’ici à 2030.

Cependant, Xie Zhenhua, représentant spécial du gouvernement sur le changement climatique, avait déjà annoncé que le pays pourrait atteindre ce niveau plus vite que prévu et même «éliminer environ 30% de sa production de dioxyde de carbone en se concentrant sur les secteurs industriels».

«A moins qu’il y ait une quantité de changements significatifs, comme cela avait été le cas avec l’intervention gouvernementale dans le plan de relance économique de 2008, les émissions de CO2 du pays se stabiliseront et diminueront graduellement», a assuré Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l’université East Anglia de Norwich et auteur de l’étude menée par le département des sciences de l’université Tsinghua de Beijing.

Le gouvernement a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles. Les entreprises et institutions les plus polluantes ont été taxées, d’autres ont reçu des subventions et recommandations, pour passer du chauffage au charbon au chauffage au gaz ou électrique.

«Entre 2013 et 2016, la baisse de 4,2% des émissions de CO2 chinoises a été encouragée par des changements structurels au niveau industriel, en allant jusqu’à faire aussi baisser la part des énergies dérivées du charbon», a souligné le rapport.

En mai 2017, alors que les Etats-Unis annoncent leur retrait de l’accord de Paris sur le climat, la Chine s’engage à investir 360 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici à 2020.

Beijing compte se verdir à plus de 40%